Non classé

L’art, l’instinct de survie, l’envie de mourir

La place de l’art entre l’instinct de survie et l’envie de mourir n’est pas qu’une conception de « bobo parisien ».
L’envie de mourir est une ombre qui se déplace au-dessus d’une montagne qui porte votre nom. La plupart du temps, l’instinct de survie s’interpose pour repousser, percer cette ombre jusqu’à ce que victoire s’ensuive. L’instinct de survie peut aussi être tout modestement une forme de Résistance, et être juste une lumière, une bougie posée sur un balcon en pleine nuit. Cet article est cette bougie.

L’instinct de survie se réveille à la perception d’une menace pour sa vie. Quand on se sent menacé dans sa chair, c’est le générateur de secours qui permet une mobilisation intégrale, intellectuelle et physique, pour un face-à-face avec la mort duquel on doit triompher. Le cerveau nous fait cadeau d’une poussée d’adrénaline qui permet un sur-régime organique. Devenir un surhomme peut ne pas être suffisant, mais est nécessaire dans un combat contre un tigre qui a faim, face à un train lancé à vive allure, au bord d’un précipice qui aspire nos pieds. La peur de mourir est soudée au refus de mourir. Refuser, c’est choisir. Choisir, c’est agir. L’adrénaline fait agir, et de toutes ses forces.

L’envie de mourir contrarie, contredit cet instinct de survie qui est intégré dans notre programmation génétique, et peut-être pas seulement. La vie trouve toujours un moyen, elle est cet élan divin contenu dans chaque chose en mouvement qui ne peut que prospérer, ou mourir pour ensuite nourrir d’autres élans de vie. Quand la vie disparaît, elle devient carburant pour la vie. La vie ne s’arrête pas, la forme est un détail.

L’envie de mourir, avant d’être l’altruiste projet de nourrir d’autres réalisations du vivant, est l’envie de soustraire ce qui est dysfonctionnel. La vie ne serait qu’une histoire d’autodestructions en chaîne si on mettait ses propres intérêts de côté. Le vivant roule d’abord pour lui-même, pour sa propre forme, et a pour mission de survivre individuellement pour pouvoir propager, aussi longtemps ou aussi bien que possible, une vie qui aurait sa forme. La souris ne se laisse pas manger volontiers par le chat au nom de la grande cause de la vie, au nom de la sainte chaîne alimentaire. La souris refuse et s’enfuit. Survivre est un premier but, qui permet ensuite à nos gènes conquérants de pouvoir travailler pour façonner le monde. Si notre forme dans le miroir ne ressemble à rien de défendable, l’envie de mourir est interprétable comme un réflexe de conformité. La différence comme erreur de la nature.

L’instinct de survie est ce qui nous maintient sur le ring. La Nature, l’ordre naturel des choses, ne garde que les meilleurs, les plus forts. L’environnement suffit à éradiquer physiquement les organismes les plus faibles. Personne n’a envie de perdre. Mais on peut s’avouer vaincu. L’envie de mourir est donc l’envie de finir au plus vite un combat (considéré comme) perdu d’avance et qui génère de la souffrance inutile. Inutile puisque la défaite est certaine mais pas assez imminente. L’instinct de survie permet de se battre contre une menace extérieure, clairement identifiable car au-delà des limites moléculaires de notre propre corps. L’envie de mourir est une défaite mentale qui précède chronologiquement la mort, et qui peut même en être l’unique cause.

L’envie de mourir est rattachée directement au mental de l’individu. C’est la compréhension, l’interprétation, l’extrapolation, le traitement cérébral d’une situation qui fait aboutir à cette envie, sans que la peur ne puisse s’interposer. La résignation étouffe la peur, la remplace. Quand on a accepté une idée, on la craint moins. Sans la peur, où est le refus, où est l’envie ? L’envie de mourir, c’est la non-envie absolue, c’est la conviction qu’il n’y a plus de vie à honorer, plus rien de possible dans la vie. L’envie de mourir est une conviction, une idée. La défaite mentale, c’est la victoire de l’idée de la mort, la victoire de la mort alors qu’on est encore vivant.

L’instinct de survie peut être activé malgré cette mise en danger intérieure. On peut se sauver soi-même. Il s’agit alors une véritable dualité interne. Comme si d’un côté l’instinct déclarait tout naturellement « la mort est l’issue », et de l’autre, l’ego, création plus personnelle que l’instinct, voulait s’affirmer et refusait de disparaître. A notre mort, tous nos atomes sont recyclés. Dans un article que j’ai écrit il y a quelques années, je partais de la question « Peut-on, doit-on éviter l’erreur ou l’échec ? » et voici ce à quoi j’arrivais dans le dernier paragraphe de mon développement :

On dit que tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. Après la mort, le corps poursuit son chemin pour servir aux vivants. La mort est une étape. La mort d’un corps n’est donc une fin qu’à l’échelle de l’individu qui cesse d’exister quand il cesse de penser. Si l’on cesse de penser, sa propre représentation mentale de la personne que l’on est n’a plus d’interface : sans projection de l’esprit, l’ego n’existe plus. Seul l’égo disparaît avec la mort. Les atomes, eux, restent en mouvement, et formeront d’autres corps. La vie ne s’arrête donc pas avec la mort d’un corps, elle continue. Il y a donc toujours un espoir car, avec cette perspective, il y a véritablement une vie après la mort. De plus, si vous laissez un héritage derrière vous, malgré la mort biologique de votre corps, vous accéderez à une forme de postérité. Est-ce que les gens, quand ils sont morts, perdent leurs attributs intellectuels, leur caractère ? Non, tant que la flamme du souvenir brillera dans la mémoire des vivants, les personnes continueront d’y exister autant que de leur vivant.

L’envie de mourir ne concerne pas ceux qui estiment qu’il leur reste des choses « importantes » (notion subjective) à faire. La souris estime qu’échapper au chat lui donnera la possibilité de vivre pour faire des choses de souris (la souris n’estime peut-être rien, mais en tout cas il y a au moins ses gènes qui prennent les commandes). Les gens qui peuvent se permettre de mourir en paix sont ceux qui n’ont aucun regret, et qui ont non seulement tout fait, mais également tout bien fait. Par ego, au nom de l’image que l’on a de soi et l’image (le message) que l’on veut donner aux autres, on peut être inspiré de refuser la lâcheté de céder à l’envie de mourir sans avoir tout fait, et tout bien fait. D’où l’importance de l’art, dans le mécanisme de sublimation de cette envie de mourir, détournant l’attention portée à des idées d’autodestruction d’une vie ratée vers un projet d’une vie empreinte de beauté et d’autodiscipline pour pouvoir cueillir, révéler, voire fabriquer et faire prospérer cette beauté, à travers l’art et toutes les énergies en circulation entre les gens pendant la création.

Sans ego pour catalyser l’ensemble de ces possibilités créatrices, beaucoup d’humains se désagrégeraient. L’ego est la solidification d’une idée de soi-même. Sans cette rigidité, qui resterait debout ? Quand il n’y a plus de justice, quand il n’y a plus rien de beau, quand il n’y a plus rien d’important, il reste l’art.
Prenez soin de vous, pratiquez un art.

E.C.

Laboratoire musical, Non classé, Project studio

Pourquoi des processeurs plutôt que des plugins ?

J’ai récemment mis à jour ma chaîne audio d’enregistrement avec un compresseur en hardware (le KT-2A de Klark Teknik). J’avais l’habitude d’utiliser un compresseur en plugin (le CLA 2A de Waves est pas mal !) et donc de véritablement construire mon son « in the box », dans l’ordinateur. Tant qu’on n’a pas utilisé de compression, on ne sait pas ce que va donner le résultat, c’est un paramètre déterminant pour l’aspect du son.
Avec le temps, j’ai compris qu’il fallait essayer d’enregistrer comme s’il n’y avait pas de post-production, pour faire de son mieux sans remettre à plus tard la résolution d’un problème. J’ai envie de changer d’approche, non, d’ajouter une approche à ma palette : l’approche directe, la philosophie du court trajet.


Bidouiller sur l’ordi, c’est rigolo et passionnant. Mais pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? Est-ce qu’utiliser plusieurs processeurs c’est faire simple ? Oui, avoir un son exploitable avant même d’avoir allumé son ordinateur, c’est faire simple.
La philosophie du court trajet, c’est l’idée du plug & play. Et ça, c’est se simplifier la vie : si j’enregistre un signal non-traité, ce signal brut a peu de chance d’être utilisable tel quel. Il faudra 9 fois sur 10 compresser (pas forcément beaucoup) et retravailler le spectre avec un EQ. Si on fait une prise de voix ou d’instrument acoustique avec un micro classique, on n’aura que de légères rectifications à apporter. S’il s’agit d’une guitare électrique, il faut véritablement fabriquer le son, car tout est possible puisque ce n’est pas un instrument acoustique mais un signal capté par des micros magnétiques et retranscrit dans un ampli pour donner du corps à des cordes de guitares électriques qui sembleraient bien faiblardes si on n’était pas branché. Ecoutez vos guitaristes électriques préférés, il n’y a pas deux fois le même son, chacun a son propre son, qui lui ressemble.
J’utilise beaucoup les pédales SansAmp de Tech 21 NYC (photo ci-dessous), qui émulent très bien toutes sortes d’amplis de couleurs différentes (la couleur, c’est le caractère, le timbre d’un son). Une infinité de combinaisons de réglages sont possibles pour chacune, tout comme pour un vrai ampli.

Si le son est déjà prêt avant l’étape d’enregistrement/mixage, alors je peux retrouver les bonnes sensations du live et mieux extrapoler comment utiliser l’instrument par rapport au morceau en cours d’enregistrement. En fait je n’aurais plus à extrapoler, j’entendrais le son tel qu’il sera enregistré, déjà caractérisé. Et si j’ai un préréglage idéal, ce sera un bon point de départ à chaque fois pour avoir un son de guitare que j’estime réaliste : techniquement viable donc utilisable, personnellement à mon goût donc une extension instrumentale de ma voix, et intelligible pour d’autres gens qui pourraient l’entendre sans (trop) grimacer si possible.
Je n’aurai pas forcément toujours besoin de tous mes processeurs externes, je peux toujours faire des prises directes, tout droit dans ma carte son, pour avoir le signal le plus pur possible. Seul le résultat compte, peu importe la méthode. Si je compte sur le hardware, c’est pour avoir un bon résultat avec le minimum de galères (voire aucune, soyons gourmands !). Pour gagner en vitesse, et pouvoir être encore plus productif en encore moins de temps. Et pouvoir peut-être enfin partir en vacances sans une to-do list écrasante pour mon retour.

Dernier arrivé, je n’allais pas juste poser le compresseur sur les autres processeurs. Dans un premier temps, le défi était de lui trouver sa place dans le circuit… et dans mon meuble aussi. Les processeurs ont les potentiomètres en façade, mais ma carte son (SPL Crimson avec les lumières oranges sur la photo ci-dessus) a ses contrôleurs sur le dessus. J’ai donc réarrangé tout ça, ajouté une étagère, et placé à part le processeur un peu plus superflu (le processeur de reverb).
Généralement, dans un « vrai » studio, les processeurs sont encastrés dans des meubles, ou empilés et vissés en rack, dans des petits meubles prévus à cet effet. J’ai opté pour les fils de fer souples pour attacher les processeurs les uns aux autres. Et j’ai mis un bout de polystyrène entre deux processeurs plus profonds que le kt-2a (vraiment tout petit) pour que ça ne se casse pas la figure. Ils restent bien groupés, et à portée de main, c’est tout ce qu’il fallait.

Les lumières s’allument… Il y a du signal entrant… et il y a aussi du signal sortant ! Victoire ! Mais est-ce justifié ou est-ce que c’est juste de la branlette pour l’image ? Bah les deux évidemment !

Voilà ce que ça donne dans l’ordre :
1. SPL GoldMike : le préampli de départ, pour toutes mes entrées, niveler le volume et éventuellement ajouter du gain.
2. Klark Teknik KT-2A : le compresseur, pour contrôler les variations de volume, éviter que ça ne parte dans tous les sens.
3. SPL Charisma : certains le considèrent comme un compresseur (pour moi c’est la conséquence de son rôle sans être son but), mais sa fonction première (et unique en fait) est de générer du gain pour donner un peu d’énergie, d’éclat au son, avec des distorsions mesurées.
4. SPL Vitalizer MK2-T: un EQ subtil pour travailler le spectre, après avoir façonné l’énergie avec les autres bestioles.

5. TC Electronic M-One XL : le seul processeur numérique (pas à lampes donc) du circuit, qui génère de belles reverbs, chose pas si facile à obtenir avec des pédales d’effets de guitare. Ce processeur reste toutefois en concurrence avec deux plugins : Spring d’Audiothing et H-Reverb de Waves.

A bientôt au studio pour faire de la musique ensemble !

E.C.

Non classé

TQID#41 / « Again » – Archive

Cette année, les gars de The Unplugged Jacks ont décidé de se lancer dans l’enregistrement de leur EP avec The Queen Is Dead Records (autrement dit, avec moi). La reprise d’avril mettait en lumière le talent vocal de Roxane, la fille de Guillaume, le guitariste du groupe qui reviendra plus tard dans l’année pour enregistrer sa reprise à lui. Grand fan d’Archive (le groupe, pas les vieux dossiers rangés), Mounir, voix de The Unplugged Jack, a opté pour « Again ».

16 minutes et 18 secondes de pur désespoir. Pour la petite anecdote, c’est en pleine déprime post-première rupture que je découvre l’album You All Look the Same to Me. Je me l’étais fait conseiller pour finir d’éponger ma peine. Dans cet album, il n’y a pas que du désespoir à l’état brut. Il y a aussi de la folie, de la tristesse larmoyante, de la violence, de la haine. Tu vois, c’est varié. Cet album est épique. Je sais, j’utilise tout le temps ce mot, épique. J’aime moins le mot que le concept auquel il fait référence. La vie est trop courte pour s’intéresser aux choses qui ne nous font pas vibrer, donc épique est pour moi un marqueur fort de validation d’un truc digne d’intérêt.
Archive, né en 1994, est au départ un groupe de trip-hop formé par Darius Keeler et Danny Griffiths, deux londoniens, qui se transforme en collectif avec l’arrivée de la chanteuse Roya Arab et du rappeur Rosko John. Ils réalisent le premier album, Londinium, en 1996.

Apparemment il y aurait eu une histoire sentimentale entre Roya et Darius qui se serait mal finie, donc Rosko et Roya ont quitté Archive, et les deux compères londoniens se sont retrouvés à nouveau sans voix. Au moins au sens propre.
Roya Arab est archéologue. Et, pendant son temps libre, elle est restée chanteuse professionnelle. En 2009, elle dépanne sa soeur, Leïla, musicienne électro. Elle a juste remplacé le chanteur prévu, Terry Hall, pour la tournée européenne. Terry partait en tournée pour fêter les 30 ans de son groupe, The Specials, et je ne voudrais pas paraître super vilain mais il me semble que Leïla n’a pas perdu au change. Inutile de préciser que Roya ne s’est pas vautrée hein…

Rosko, lui, est revenu en 2009 pour l’album Controlling Crowds, probablement parce qu’entre temps Archive est devenu un gros groupe et qu’il y avait du pognon à se faire. Ouuuuh je suis mauvaise langue. En vrai je n’en sais rien, et il n’y a aucune information sur ce qu’a fait Rosko entre son départ de 1996 et son retour en 2008. Il était sans doute comptable ou technicien quelconque. On ne sait rien de lui. On ignore également ce qu’il avait fait avant. D’où il vient. Où il va. Mais savons-nous nous-mêmes ces choses à notre propre sujet ?… Mais Roya et lui sont restés en bons termes, si bien qu’elle a même participé à son dernier album, Call To Arms, sorti en 2015.

Ensuite il y a eu l’album Take My Head, sorti en 1999, avec la chanteuse Suzanne Wooder. Et Darius explique qu’avant elle, dans Londinum, « les voix étaient juste une décoration, un ingrédient de plus dans nos sculptures sonores. Eux-mêmes venaient poser leur chant ou leur rap comme avec un sound system. Suzanne possède une éducation musicale beaucoup plus traditionnelle et une grande richesse harmonique, elle a accentué cette tendance pop. » Je sais pas vous, mais j’ai l’impression qu’il dit qu’avec Suzanne, c’est MIEUX qu’avant. Résultat : l’album fait un flop et Suzanne retombe dans l’anonymat. Le karma, les gars.
Craig Walker débarque au chant. Archive continue son évolution et devient un groupe de rock prog/électro, et là c’est ma période préférée. Craig est irlandais, et donc ne minaude pas. Il ne fait pas semblant, il donne tout, sans faire de manières, en assumant ses imperfections. Il participe avec Archive à la BO du film Michel Vaillant (2003) et l’album Noise (2004). Quelques jours après la sortie d’Unplugged, un live acoustique, Craig quitte le groupe. Pas étonnant ! Sans doute a-t-il entendu alors ce que rendaient les morceaux en live acoustique, très insuffisamment travaillés dans les arrangements, d’une pauvreté déprimante, et uniquement littéralement portés par la voix du génial Craig Walker. Ce manque d’investissement dans la transposition de leurs morceaux électro en acoustique a d’ailleurs brisé mon coeur au point que j’ai cessé de les suivre à cette période. Oui, je suis sans pitié. Mais Archive en acoustique, c’est aussi naïf que de croire qu’on fait de l’unplugged juste en débranchant ses instruments, sans traiter différemment ses instruments. Merde à la fin, à cette époque il y avait eu le live de Radiohead au Reservoir, ce qu’on peut faire de plus brillant en acoustique. J’aime ceux qui ont de l’ambition et prennent des risques autres que le risque d’ennuyer leur auditoire.

Voilà pour l’histoire d’Archive. En ce qui me concerne. Car ils ont sorti plein de choses après, mais tout ce qui suit leur Unplugged de 2004 ne m’intéresse plus. Non seulement ils ont perdu Craig Walker, mais en plus leurs sonorités tournent en rond. Ok, on peut dire qu’ils ont su créer leur identité et que, les reconnaître en seulement deux secondes, c’est vachement fort artistiquement. Mais je suis fâché qu’ils aient perdu Craig, et je ne m’en remettrai jamais, taisez-vous, taisez-vouuuus.
Le 4-track challenge (tu sais, les reprises du mois en 2019 sont limitées à  4 pistes maximum) rend impératif l’idée primordiale de pertinence, pour capter l’attention avec peu. On a raccourci le morceau et on a essayé d’en restituer l’essence : la progression du désespoir étape par étape.
– Mounir faisait « Again » avec The Unplugged Jacks. Prélevé hors de son microcosme, il lui restait donc sa voix et ses doigts. On a un peu réfléchi aux arrangements pianistiques (contrairement aux gars d’Archive) (ok, j’arrête, j’arrête), avec des accords enrichis et une évolution technique digne d’intérêt (je me tais, t’as vu). Comme toujours, on a utilisé Addictive Keys, d’XLN audio, les meilleures modélisations de pianos selon moi.
– Mounir a profité de ce recul pour utiliser sa voix autrement qu’avec son groupe entier et en développer quelques aspects qui lui seront utiles pour l’enregistrement de son EP.
– Avec le piano et la voix, on avait deux pistes. Il en restait donc deux autres pour le Roli, avec la sublime modélisation de violons/violoncelles de leur VST Equator. Et avec le piano en moins pour la deuxième partie, ça libérait une troisième piste pour un début d’arrangement vaguement inspiré d’un mini orchestre de chambre.
J’ai le Roli depuis 2018 et il y a des dizaines de son à découvrir, à bidouiller, et il me reste encore énormément de feeling à acquérir pour un jour jouer ce genre de truc :

Retrouvez « Again » sur Bandcamp et Soundcloud.

E.C.