distribution digitale

L’amour est dans le pre-order (ou pre-save, ou pre-add).

Karine Le Marchand aide les français solitaires, perdus, isolés, à trouver l’amour. Et j’ai commencé la distribution digitale avec The Queen Is Dead Records pour la même raison : je veux redonner de l’espoir et aider les musiciens à se sentir moins seuls.
Pour les questions sentimentales, je laisse Karine s’en charger. Ce qui m’intéresse, c’est l’accessibilité à la distribution digitale. Accessibilité de deux natures : les prix de la distribution digitale sont généralement élevés et les informations sur les mécanismes et possibilités sont difficiles à comprendre ou même à trouver.
Cet article est celui que j’aurais aimé lire en tant qu’artiste, et que j’ai dû écrire moi-même, parce qu’il y a beaucoup de flou et de confusions entre ces trois notions que sont le pre-order (précommande), le pre-save (préenregistrement) ou le pre-add (préajout).

Des explications difficiles à trouver

Avant de démarrer la distribution digitale avec The Queen Is Dead Records, la plupart des articles explicatifs que je consultais se trouvaient sur des sites de distribution digitale, comme Distrokid, TuneCore, CD Baby… Quand on cherche des vérités générales, cela peut être un petit peu gênant puisqu’ils expliquent leur fonctionnement-propre.
Chaque structure peut avoir des fonctionnements différents en interne, et présenter une réalité floue pour assurer qu’ils se chargent de tout (inquiéter puis rassurer : là, Karine agiterait le red flag du pervers narcissique), ou présenter une réalité contestable au travers de leurs biais techniques subjectifs. Néanmoins, les règles générales sont les mêmes pour tous.
Bien connaître ces règles permet de ne pas céder ses euros au premier dont on comprend (ou croit comprendre) les explications. En outre, bien comprendre le fonctionnement-propre d’un distributeur digital donne une visualisation claire de son champ d’action, et de ses limites (Ne croyez pas sur parole les beaux-parleurs qui roulent des mécaniques, Karine ne le sait que trop). C’est sur ce point précisément que vous devriez faire votre choix.

Anticiper, pour gagner du temps mais pas que

L’accessibilité avant la date (pre-order, pre-save, pre-add) n’est pas une fonction par défaut, et nécessite une demande explicite auprès de son distributeur digital.
Ces outils de préparation de sortie servent à donner le temps aux artistes ou labels de développer l’intérêt de leur communauté et cultiver la curiosité du marché avant une sortie. Prendre les gens par surprise, c’est prendre le risque qu’ils ne soient pas prêts, qu’ils reportent à plus tard l’écoute ou l’achat, et finalement n’écoutent pas votre musique.
Organiser un rendez-vous ne nécessite pas un engagement de leur part, mais sème déjà une petite graine à arroser de relances qui peut pousser et fleurir sans grand effort (Karine vous le confirmera, les petits efforts quotidiens valent mieux que de trop rares coups d’éclat).
Le jour de la sortie, les gens seront peut-être occupés, auront oublié que c’est le jour-J. Mais ceux qui auront réalisé une action anticipée (un « pre-quelque chose ») auront la musique prête à l’écoute chez eux, à portée d’oreille. Toute action de ces auditeurs engagés (fans) aura déjà été effectuée et sera comptabilisée dans vos statistiques. Avoir de bonnes statistiques dès le premier jour permet de flatter l’algorithme et d’être potentiellement mis en avant dans les actualités de sorties du jour sur la plateforme concernée (faire bonne impression dès la première rencontre peut aider, même si Karine a déjà vu d’étonnants retournements de situations). Bon, merci Karine, maintenant tu me laisses expliquer.

Capture d’écran du 6 mai 2022 : cet EP de Dreamer n’est pas encore disponible sur Amazon, mais vous pouvez le précommander.

Pre-order (précommande)

C’est quoi ? – La précommande, c’est l’achat avant la sortie. Vous connaissez déjà le principe : les gens payent, et reçoivent automatiquement un lien de téléchargement par mail le jour-J ou le CD physique dans leur boîte aux lettres dès qu’on approche du jour J.
Comment faire ? – Avec le pre-order, votre single/EP/album est visible sur la plateforme Amazon dès que votre musique leur est transmise. Amazon fait le boulot et génère automatiquement une page de produit avec un bouton « précommander ». Vous n’avez donc rien à faire. Et ça c’est beau.
Bonus – En remerciement, vous pouvez remettre à vos acheteurs une « instant gratification » : pour chaque pre-order, vous pouvez paramétrer un titre à envoyer en avance, dès le paiement. La loyauté, ça se remercie !

Pre-save (préenregistrement)

Quelle différence ? – Point de pre-order/pré-achat/précommande pour une plateforme d’écoute en streaming car vous n’achetez pas de musique en streaming. C’est un modèle économique d’abonnement et l’utilisateur n’est propriétaire d’aucun fichier.
C’est quoi ? – Ce service propose à votre communauté de glisser votre future sortie dans leur bibliothèque Spotify, Deezer ou Apple Music*. Comme un post-it mais en mieux (sauvons les arbres). ( *voir « Pre-add » pour Apple Music)
Comment faire ? – Contrairement à Amazon qui génère des pages automatiquement pour les musiques qui vont sortir, les plateformes de streaming ne proposent aucun bouton « pre-save ». Ce n’est pas non plus votre distributeur digital qui s’en charge. Il faut passer par des sites tiers pour générer une page « d’avant-sortie » avec un bouton pre-save : Feature.FM, Linkfire ou ToneDen. Vous aurez juste besoin du code UPC de votre sortie. Votre distributeur digital vous donnera cette information si jamais elle n’était pas trouvable sur votre compte utilisateur.

Pre-add (préajout)

Quelle différence ? C’est le « pre-save » d’Apple, c’est exactement le même principe mais Apple veut utiliser son terme juste pour faire son intéressant, comme d’habitude quoi.
Comment faire ? – Pour activer Apple Music dans le « pre-save », il faut juste au préalable choisir (au moins) un titre de remerciement (« instant gratification track ») qui sera accessible pendant la période de pre-save/pre-add. Contrairement à Amazon, pour qui c’est une possibilité, le morceau de remerciement à l’achat est impératif pour le pre-add d’Apple Music. Le pre-add est un pre-save d’Apple avec de la musique à écouter en avance (au moins un titre et au maximum 50% du contenu total).

Désormais, vous savez tout ce qui est possible avec la distribution digitale.
– Si vous avez encore des questions, pensez à consultez la FAQ .
– Je vous invite également à jeter un oeil sur le formulaire de transmission de votre musique avec les informations à fournir, pour vous faire une idée de ce que requiert une distribution digitale.
– Si vous avez la flemme d’écrire un mail, il y a une boîte à questions en bas de la page d’accueil . Pour ajouter une pièce jointe ou si vous préférez le mail, vous pouvez aussi envoyer vos questions (ou vos félicitations et encouragements !) par mail : contact@distribution-tqidr.com
– Enfin, si vous voulez vous inscrire à l’Amour est dans le Pré : lamourestdanslepre@m6.fr

E.C.

Laboratoire musical, Non classé, Témoignage

Mastering : obligé ou pas ?

Vous avez enregistré votre musique, le mixage est terminé, votre musique est prête. Presque. Faut-il absolument passer par la case mastering avant la case distribution digitale ?

Même enregistré dans des conditions sans aménagement particulier, un nettoyage + mastering permet d’obtenir un résultat prêt pour la distribution sur les plateformes streaming

Mastering : la philosophie

Geoff Emerick, ingé son des Beatles, disait que faire un bon mastering, c’est bonifier ce qu’on avait au départ. Obtenir après quelque chose de mieux qu’avant. C’est une définition modeste. Le mastering, c’est aussi surtout réussir le portage de la musique pour qu’elle sonne aussi équilibrée que possible dans toutes les conditions d’écoutes.

Avant le mastering, le mixage

Photos gratuites de à l'intérieur, bol, combiner

Traditionnellement, il est convenu que seuls des petits réglages subtils ont leur place à l’étape du mastering, qui en théorie ne doit pas traiter l’aspect artistique, juste technique. Le mastering ne change pas la musicalité, ne révolutionne pas ce qui a été obtenu au mixage, mais il raffine.
Il est recommandé d’opérer des changements notables au mixage plutôt, pour agir avec précision sur les pistes spécifiquement plutôt que sur un champ de fréquence partagé entre plusieurs instruments. Le mastering, c’est comme appliquer la même correction à chaque piste, or toutes n’en n’ont pas besoin forcément. Un traitement pourrait donc bonifier un instrument, et en même temps en détruire un autre.

Mastering automatisé VS mastering humain

Personne Tenant Un Outil à Main Noir Et Argent

La différence entre un mastering automatisé par un algorithme et un mastering réalisé par un humain, c’est que ce dernier pourra discuter avec vous de ce que vous pourrez faire au mixage pour lui remettre le meilleur fichier possible afin qu’il puisse réaliser le meilleur travail possible, avec aussi peu d’actions radicales que possible. Tout en finesse.
L’algorithme, lui, va « algorithmer » et ne pas réfléchir à ce piano qui est trop fort. Il gère des moyennes qu’il calcule, il n’a pas d’oreille pour écouter s’il y a une bonne musicalité ou pas. Il ne va pas vous conseiller de baisser ce piano qui est trop fort. Le comparatif de Wytse Gerichhausen de White Sea Studio est parfait pour bien comprendre la différence entre les deux types de service.

Un mastering multiservices

Deux Personnes Faisant Une Chirurgie à L'intérieur De La Chambre

Aujourd’hui les mixages peuvent être réalisés par des profils très différents, pas forcément des ingénieurs du son précis et expérimentés dans des lieux dédiés à ce travail. On peut alors se retrouver, au mastering, à faire un peu plus que du mastering.
Il existe des cas où l’optimisation peut aller un peu plus loin qu’un travail de « portabilité de la musique ». Par exemple, s’il s’agit d’une prise globale en live, sans le détail de pistes séparées, ou si l’on a perdu les pistes et qu’il reste juste le bounce ou la vieille version d’un mixage pas vraiment terminé. Dans ces cas-là, on fait ce qu’il faut, ce qu’on peut, et ça relève plus d’un nettoyage, d’une réhabilitation, d’une résurrection parfois, que d’une simple formalité de mise aux normes.

Conséquence des homes studios

enceinte

Le domaine du mastering a beaucoup évolué au cours des 30 dernières années. Avec la démocratisation des « home studios », qui sont des lieux peu ou pas optimisés pour travailler la musique, les morceaux conçus et mixés dans ces conditions n’ont pas forcément la qualité de ceux conçus et mixés en studio.
Tom Lord-Alge, que j’avais eu l’honneur de voir dans une conférence intimiste à l’Abbey Road Institute, considère que ses mixes n’ont pas besoin de mastering. Il connaît son studio, et il affirme remettre à ses clients des morceaux déjà parfaitement calibrés. « Masterisez si vous voulez, moi je considère que, tel quel, c’est déjà bon« . Son studio est un lieu idéal pour approcher au plus près d’une qualité aboutie, non seulement en raison du matériel qui s’y trouve, mais aussi pour le traitement acoustique du lieu… en plus de l’expérience de l’homme qui y travaille : bon lieu + bon matériel + bon professionnel = c’est le trio gagnant. Tout le monde n’a pas les conditions de travail ni l’expérience de Tom Lord-Alge, qui n’a pas besoin d’un regard extérieur pour l’aider à obtenir un résultat abouti.
Dans le monde normal du commun des mortels, on se retrouve souvent avec des morceaux faits-maison moins bien calibrés comparés aux conditions optimales de professionnels académiques. Certains morceaux peuvent sembler impropres à la diffusion en l’état, mais améliorables. Si certains estiment qu’il s’agit d’un bricolage qui n’a rien à voir avec la noblesse de l’art du mastering, c’est en tout cas quelque chose que j’aime beaucoup faire. Sauver ce qui semble inexploitable.

Mon approche

– En traitement de mastering, je pense d’abord à trois paramètres :

  • le volume (il faut se renseigner sur la Loudness War et le concept de Loudness Penalty des plateformes streaming),
  • la dynamique (les écarts de volume sur du court et long terme, les compressions et différents niveaux de volumes des différentes parties du morceau),
  • et le spectre (des bonnes proportions, ce qui est en fait le traitement du volume et de la compression par tranche de fréquence).

– Pour moi, un bon mastering c’est :

  • avoir un ou plusieurs morceaux de référence pour savoir dans quelle direction on doit aller selon le style visé
  • bien connaître ses enceintes et/ou casques (en avoir de plusieurs sortes), sa pièce et ses oreilles pour savoir quoi faire et dans quelles proportions sans se faire piéger par le caractère du matériel et du lieu où l’on se trouve
  • avoir un outil de mesure (par exemple « loudness penalty » par Meterplugs, le plugin ou l’outil en ligne : https://www.loudnesspenalty.com/) pour prendre des mesures que l’oreille ne peut pas forcément faire, et essayer de savoir comment réagiraient les algorithmes des différentes plateformes de streaming à réception du morceau avec le traitement donné

Plus d’informations sur le mastering par The Queen Is Dead Records : https://www.thequeenisdeadrecords.com/mastering

E.C.


Non classé

Pourquoi et comment rejoindre « The Queen Is Dead Records ? »


Pour ce qui est de la définition de ce qu’est un label, ce sera ici (article mis à jour cette année).

Vous ne devriez pas avoir pour but de rejoindre un label. Votre but réel concerne votre musique, car elle est tout ce qui compte, il n’y a rien au-dessus. Si vous avez un projet musical à développer, le label est un moyen. Si vous voulez à tout prix travestir votre musique pour intégrer un label, ça vous regarde, mais vous ne tiendrez pas la distance dans ces conditions. Les disharmonies sont épuisantes, et empêchent d’être véritablement convaincant. Bien sûr, rien ne vous empêche de troller un label avec un exercice de style, ce serait rigolo. Et brillant.


Philosophie et esthétique

Teaser de « No Way Back », premier album de The Unplugged Brains

The Queen Is Dead Records (TQIDr) n’a pas de contrat d’exclusivité avec des artistes. Les artistes qui apprécient le travail avec le label reviendront pour plusieurs productions, mais ils restent libres. Seules les oeuvres sont réellement rattachées au label, et des oeuvres réalisées avec TQIDr, impliquant à la fois un parcours philosophique et une patte esthétique propres à la maison.
Si votre album est déjà terminé, il ne pourra pas rejoindre le catalogue du label, cela n’aurait pas beaucoup d’utilité d’ailleurs. La plus-value de TQIDr est son apport technique et humain, musical et pédagogique. Mon expertise dans les aspects promotionnel et commercial pèse moins que Guil’s Records, que je ne cesse de recommander pour tous ceux qui veulent développer leur audience et éteindre leur couverture sur les réseaux sociaux et ailleurs.


Responsabilisation et entraide

Pour illustrer chaque titre de l’album « Pieces of Life », Mounir (Untearable Roots) réalise désormais lui-même les vidéos.

Rejoindre TQIDr ne donne aucun passe-droit, aucune gloire. Cela ne signifie pas non plus que je vais tout faire à votre place. Rejoindre un label indépendant, cela signifie que vous allez apprendre à travailler (ou continuer de travailler) accompagné par quelqu’un qui va non seulement vous montrer comment vous investir efficacement dans votre propre musique, mais aussi travailler avec vous. Vous voulez de l’aide ? Aidez celui qui va vous aider. Pour créer un cercle vertueux, une dynamique en résonance. C’est beau quand je parle. Dans cette idée de responsabilisation, l’éthique du label est d’intérférer le moins possible dans les choix artistiques des musiciens et de vous aider à prendre les meilleures décisions conformément à votre projet, pas au gré de mes envies. Ce lien de confiance est ce qui permet de dire que le projet devient notre projet, sans que vous ne vous sentiez dépossédé de votre musique pour autant.


Problèmes et solutions

Différents artistes, différents besoins, mais une même philosophie

TQIDr a plusieurs facettes, qui se sont développées au cours des dernières années en fonction des différents besoins des artistes. Le label peut résoudre des problèmes de différentes natures :
– matériel : vous n’avez pas les instruments, les outils, les logiciels pour pouvoir faire ou finaliser votre musique vous-même
– technique : vous ne savez pas jouer d’un instrument, ou comment obtenir un résultat sonore précis / l’enregistrement, le mixage ou le mastering ne font pas partie de votre champ de compétences
– économique : la réalisation de votre projet musical vous coûterait trop cher en passant par des voies conventionnelles
– artistique : vous avez besoin de conseils pour déterminer une direction artistique claire et forte, pour tirer le maximum de votre musique


Musique et image

Les images de la deuxième partie de la vidéo sont issues du clip réalisé par The Burmese Days, avec le superbe travail de Kévin Mermin, à la fois leader et graphiste responsable de l’identité visuelle du groupe

Au-delà de cet accompagnement pendant la réalisation musicale pure et dure, il y a aussi également un accent mis sur le travail autour de l’identité visuelle. Vous avez sans doute des pistes voire déjà quelques visuels sous la main pour illustrer votre musique. Il n’est pas impossible d’assumer vos propres productions graphiques personnelles. Néanmoins, l’information visuelle nous arrivant bien souvent avant l’information sonore, je m’accorde un droit de regard, exigent, afin que votre pochette ne jure pas parmi les autres sorties de TQIDr. Le but est d’éviter les fautes de goût, et d’obtenir un résultat fort, en évitant les clichés dont les connotations tueraient votre musique avant qu’elle ne soit même écoutée. Parfois, juste un détail permet de réhabiliter votre idée de départ. Il existe également des graphistes de talent qui pourront vous démontrer qu’une fabuleuse oeuvre visuelle transcendera l’expérience d’écoute de votre musique. Je suis sérieux.


Bien préparer son projet musical

L’agenda de The Queen Is Dead Records est actuellement complètement rempli et je serai à nouveau disponible pour de nouveaux projets à partir du 1er décembre 2021. En attendant, vous pourrez suivre le tableau ci-dessus qui vous guidera dans la préparation de votre musique. Gagnez du temps pour que les différentes étapes de travail soient fluides et aussi claires que possible une fois que nous aurons pris contact. Aidez-moi à vous aider.

N’hésitez pas à me contacter pour poser vos questions :
laurent.auffret@tqidr.com
Je vous répondrai même si votre projet ne s’insère pas dans la ligne éditoriale du label… en même temps, si vous me contactez sans avoir pris connaissance de la ligne éditoriale du label, votre démarche est « douteuse ».

Consultez également le site, il est très clair et complet :
thequeenisdeadrecords.com ou tqidr.com (pour les gens pressés)

E.C.