2016, une année de reprises : TQID #3 / « I Want To » – Best Coast

C’est le printemps, on va mettre du soleil dans vos oreilles. La reprise de mars sera donc « I Want To », issue du premier album de Best Coast, duo de surf pop formé en 2009. Oui, la surf pop est un vrai style de musique, je ne viens pas de l’inventer. Non, cette catégorie ne regroupe pas les surfeurs qui font de l’air guitar avec leur planche.

« Crazy For You », sorti en 2010, vous propulse tout droit sur les routes ensoleillées d’une estivale Californie. La musique de Best Coast, c’est une balade en Porsche rose au bord de la mer sous un soleil écrasant, le paysage jaune désaturé, les vitres ouvertes, les lunettes de soleil, les cheveux au vent, un coup de soleil naissant sur le bras qui dépasse dehors. Mais attention, même s’il y a un sapin désodorisant qui pendouille au rétroviseur et un chien (ou un chat en fait) qui opine du chef sur la lunette arrière dans un acquiescement métronomique digne du peuple allemand en 1938, il y a au moins un phare hors d’usage. Car il faut un peu de style. Cette description vous est sponsorisée par André Manoukian.

En hiver, Best Coast n’a pas sa place dans mes oreilles. Mais dès que reviennent les beaux jours, cet album romantique est un peu comme ma madeleine de Proust. Oui, c’est un album romantique. Toutefois, les chansons d’amour parleraient en fait d’une relation avec un chat. C’est ça. Bethany (la chanteuse) nous prend pour des jambons, à moins qu’elle ne soit vraiment folle. Ah, et on me signale dans mon oreillette que le chat de Bethany, Snacks, aurait un compte Twitter. Tout est normal. En tout cas, on aime ça.

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Best Coast, ça sonne rétro, c’est dépouillé, c’est frais, et leurs chansons de deux minutes sont toutes des tubes, modestes et efficaces. C’est ça, en fait, la « surf pop » (dont les plus grands ambassadeurs seraient les Beach Boys ou Avril Lavigne). Alors avec Rachel et Zima, pour le défi, on a décidé de prendre le morceau par un autre bout. Tout d’abord, on peut entendre Rachel, la voix de Bouche Pute, en duo avec votre serviteur (moi-même, donc). Pour ce qui est des instruments, Zima, guitariste historique de Blue Chill depuis 2004, a assuré la majeure partie des guitares que l’on avait enregistrées l’an dernier déjà (d’où la photo dans le salon).
Et je plaisantais pour Avril Lavigne.

Vous pouvez trouver le morceau sur Bandcamp et Soundcloud.

E.C.

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2016, une année de reprises : TQID #3 / « I Want To » – Best Coast

L’A-30 de Novanex et l’Arpanoid d’Earthquaker : le choc intergénérationnel

Sur leboncoin, il existe deux sortes de merveilles : il y a l’article dont le prix est tellement bas que sauter sur l’occasion relève tout simplement du bon sens, et il y a l’article très rare sur lequel tu finis par tomber après des mois de recherches désespérées. Double prise en l’espace de quelques jours, avec un ampli plus vieux que les Smiths et une pédale sous champis sortie en octobre 2013.

Novanex A30

J’étais à la recherche d’un ampli de petite taille qui passe dans un sac-à-dos. Comme critère de recherche, j’avais mis 100 euros comme limite de prix, pour éviter les amplis trop gros donc au-delà de ce prix. Un ampli Novanex, l’Automatic A-30, est apparu dans les résultats. Alors non, cet ampli ne passe dans aucun de mes sacs-à-dos. Donc maintenant sur leboncoin c’est un sac-à-dos que je cherche (pas vraiment). Novanex, ça ne vous dit probablement rien du tout, sauf si vous êtes en dépression et que votre psychiatre vous a prescrit le médicament du même nom. Cette marque n’est pas totalement inconnue des internets puisqu’il y a eu des notations (plutôt très positives) sur Audiofanzine pour plusieurs de ses modèles d’amplis. En résumé, c’est un ampli fabriqué dans les années 70 aux Pays-Bas et destiné à l’époque à un public peu fortuné.
Les commentaires lus dans des forums étaient assez flatteurs, vantant notamment l’excellent rapport qualité-prix. Il est vrai que, pour 50 euros d’occasion, on s’attend généralement à un petit ampli avec un gros buzz. Eh bien là, c’est très bon pour le prix. Le son est transparent, les corrections d’EQ sont subtiles et efficaces. On n’a pas un son très typé, mais il est devenu mon ampli d’usage quotidien, petit et léger (deux fois moins volumineux que mon Vox AD50VT que j’aime très fort mais qui demande de la place). Il est posé sur mon piano numérique Korg, sans dépasser.
Le bouton de gain n’est pas très convaincant, ça épaissit le son en le salissant un peu. Je crois que je ne l’utiliserai pas, je préfère de loin le son clair de cet ampli. Certes, il n’est pas aussi cristallin qu’un ampli Peavey ou Fender, mais légèrement feutré et très moelleux à l’oreille. Les HP craquent légèrement quand on pousse le volume, mais ça reste largement honnête, et ça participe au charme de la bête. Comme dirait l’autre, « si c’est vieux et que ça marche, c’est vintage; si c’est vieux et que ça ne marche pas, c’est de la merde ». Si vous en voyez un, n’achetez pas celui vendu d’occasion à 200 euros, il ne faut pas exagérer…

Earthquaker est une formidable marque qui confectionne de robustes pédales d’effets uniques en leur genre. Je pensais que la Rainbow Machine était la pédale la plus folle du monde. Mais l’Arpanoid n’est pas mal dans son genre, voire même peut-être encore plus folle, car encore plus difficilement utilisable. C’était la dernière pédale de ma liste d’achats, et je ne voulais pas l’acheter neuve car les pédales chez Earthquaker coûtent le prix d’une guitare. C’est justifié, mais cher. Mais justifié. Mais cher.
Après plusieurs mois de recherches, je l’ai enfin trouvée, ce qui n’était pas une mince affaire puisque cette pédale est relativement récente, et pas si populaire. Décrite comme un polyphonic pitch arpeggiator, cette pédale génère 8 développements harmoniques différents, dont on peut gérer la richesse (le nombre de notes générées avant de retourner à la note de départ) et la vitesse. C’est tellement incroyable que, même en l’ayant entre les mains pendant une heure, on ne peut pas mesurer l’exact champ de possibilités de la machine.
Il va sans doute me falloir plusieurs heures pour découvrir le potentiel de l’Arpanoid. Et une fois que j’aurai une idée plus précise de tout ce que je peux faire en théorie, le défi sera de passer à la pratique. Chaque pédale d’Earthquaker est une nouvelle occasion de sortir de sa zone de confort. Les pédales intuitives sont attractives, mais l’outil qui semble contre-intuitif élargit la créativité en contraignant l’artisan à créer un autre chemin mental entre l’intention (l’idée) et « une » réalisation, une production que l’on peut considérer comme un résultat. Un matériel trop facile à maîtriser peut nous enfermer dans une forme de routine intellectuelle. Le confort technique conduit fatalement à se répéter. Sans prise de risque, on ne peut qu’essayer d’égaler ce qu’on a déjà fait. A moins que l’on essaye d’utiliser d’une manière inédite le matériel que l’on possède déjà, l’acquisition de nouveaux outils inspire de nouveaux chemins.

Pour tester cette pédale révolutionnaire aux sonorités modernes et inattendues, rien de tel qu’un bon vieux Novanex des années 70. Et le grand écart se passe plutôt bien :

E.C.

L’A-30 de Novanex et l’Arpanoid d’Earthquaker : le choc intergénérationnel