TQID#23 / « Undertow » – Ane Brun

D’où elle sort, Ane Brun ? me demande Clotilde. Ane Brunvoll, de son nom entier, n’est pas très connue en France. C’est une mélomane anglaise boulimique de découvertes qui m’a fait décrouvrir Ane Brun. Jamais je n’en aurais entendu parler sinon. Par contre, si vous n’avez jamais entendu parler de Clotilde Verry, c’est moins normal puisqu’elle avait déjà brillamment participé à la reprise du mois numéro 7 en 2006La hype moderne, c’est d’encenser des artistes inconnus du nord de l’Europe, scandinaves ou islandais, avec une passion inversement proportionnelle à leur célébrité. Grâce à cet article, vous aussi vous pourrez briller en soirée mondaine en parlant d’Ane Brun, ou même de Clotilde Verry.

Ane Brun est née en Norvège en 1976. Elle apprend à jouer de la guitare à 21 ans seulement, s’installe à Stockholm en 2000 (après avoir vécu en Espagne) où elle rencontre Ellekari Larsson, du groupe the Tiny, qui l’encourage à composer ses propres morceaux. En 2002, elle fonde son propre label « DetErMine Records » (qui signifie Ce sont mes enregistrements en norvégien) par l’intermédiaire duquel elle sort tous ses albums. Elle commence avec son premier album, Spending Time with Morgan, en 2003, avec lequel elle se fait connaître (19ème des ventes en Norvège). Ane écrit des chansons qui traitent de sujets très personnels. Ses albums sont des chapitres de son journal intime. C’est une grande romantique qui raconte sans pudeur ses rencontres, ses sentiments.

Au niveau de ses influences, on peut penser au côté dark de la folk moderne de Keren Ann, la puissance douce et épique d’Antony and the Johnsons, la délicatesse de Lucy Rose. Dans son dernier album sorti le 6 octobre dernier, un album de reprises, « Breathless » elle y reprend notamment « How to Disappear Completely » (de Radiohead), « Unchained Melody », « I Want to Know What Love Is »…. Ane Brun est méticuleusement sensible, j’ai rarement entendu une artiste aussi délicate et consciente de la puissance de la douceur. En fait, j’en connais une seule autre dans le genre : Clotilde Verry, qui était venue l’an dernier pour reprendre « The Drugs Don’t Work ».

Pour ce qui est des arrangements, j’ai décidé de remettre ça avec le Korg Monotron, et l’imitation des Ondes Martenot que j’avais déjà tentée pour la reprise de juillet, « The Dog Days are Over ». Comme autre inspiration pour l’ambiance générale, percussions et guitares, je me suis calé sur « Njosnavelin » de Sigur Ros, que l’on peut entendre dans la scène finale du film Vanilla Sky.

Sinon, au chapitre des nouveautés techniques, quelque chose que vous entendrez peut-être de manière indirecte : j’ai mis à jour mes câbles pour mon système audio. Bien enregistrer le son et bien entendre ce qu’on a enregistré, c’est très pratique pour travailler le son. C’est comme un chirurgien avec ou sans lunettes.
Vous êtes musicien et vous utilisez des câbles jack, le premier venu qui fonctionne fait l’affaire, tant que le signal passe… C’est une attitude normale. Normale mais pas très éclairée. Les câbles jack, on en perd, on en casse, on s’en fait piquer en concerts… C’est du matériel jetable, négligeable, et pourtant, comme des veines du corps humain, c’est ce qui transporte la substance magique vivante, le son musical. Il y a quelques années, on m’avait conseillé d’acheter des bons câbles jack. J’étais passé des câbles premier prix à des Planet Waves. Et oui, c’était mieux. Mais il y a encore mieux !


Il y a quelques semaines, j’ai acheté un ampli en occasion chez un vendeur qui avait des câbles Asterope (coucou Benjamin !). J’avais emmené ma guitare préférée avec moi, ma Cort G250 que j’ai depuis 2005. C’est la guitare dont je connais le mieux la sonorité. Je pouvais donc me faire une idée de la réalité du son de l’ampli chez son vendeur. L’ampli est superbe (un Fender Champ 25 de 1992), je pense l’un des plus beaux sur lequel j’ai pu jouer dans ma vie. Et pourtant, sans être anti-Fender, ce n’était pas une famille d’amplis qui me plaisait. J’ai toujours préféré Vox. Ce Fender Champ 25 est un bijou, mais le câble jack utilisé y était pour quelque chose. Et quel choc sonore ! Je redécouvrais ma guitare, je l’entendais comme jamais !
Chez moi, j’ai essayé le même ampli avec la même guitare, mais avec un jack Planet Waves. La réponse du câble était de moins bonne qualité, de manière flagrante. Il me fallait un jack Asterope. Sur les conseils de Benjamin, mon vendeur d’ampli, je suis allé chez Guitars Addicts, une merveilleuse mine d’or pour les guitareux située dans le 11ème arrondissement. Pas d’enseigne, pas de « pignon sur rue ». Au 98 rue du Chemin Vert, une grande porte avec plusieurs sonnettes, rien d’autre. Vous sonnez à l’interphone de Guitars Addicts, et là une voix enjouée vous dit d’entrer. Au fond de la cour, derrière une porte entrouverte qui vous invite à avancer, c’est la boutique de vos rêves, tenue par Georges, plein de bons conseils et très à l’écoute. Des pédales, des guitares, des amplis, là il  n’y a que de la qualité, de l’émotion, de la pertinence, pas de tape-à-l’oeil. Ça change des horribles boutiques de Pigalle, avec des prix élevées non-justifiés et des attitudes terriblement condescendantes vis-à-vis des pigeons OUPS des clients. A titre indicatif, il y a un luthier qui oeuvre dans la boutique deux fois par semaine. Profitez d’un petit réglage de guitare pour y faire un tour !

J’ai acheté un câble jack, je suis rentré, j’ai fait un test entre ma guitare et l’ampli. Le son divin. J’ai fait un test aussi avec une enceinte de monitoring. Le choc. Le son infâme d’autrefois était révélé. Je suis retourné le lendemain chez Guitars Addicts, pour renouvelé mon stock de câbles. Depuis lors j’entends des choses que je n’entendais pas avant. Je croyais que cette histoire de qualité variable d’un jack à l’autre était du délire de perfectionnistes qui s’imaginent entendre mieux avec des câbles chers, mais non. Il y a une VRAIE différence. Mon opinion est antérieure à tout matraquage marketing, je l’ai ressenti et cela ne fait aucun doute. Les câbles Asterope sont un peu chers, certes. Mais, quoi qu’il arrive, si vous n’avez jamais sélectionné vos câbles jacks sur un autre critère que la longueur ou le prix… changez-les !

Retrouvez « Undertow » sur Bandcamp et Soundcloud.

E.C.

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