TQID#30 / « Le parapluie » – Georges Brassens

Le mois de juin a été tellement chargé (beaucoup de choses vont sortir en même temps bientôt), cette reprise n’est arrivée que le 5 juillet, avec une semaine de retard. Mais l’avantage de cette situation d’urgence relative a été que tout s’est fait de manière très spontanée. Suite à un forfait de dernière minute, Benjamin et Jeanne ont accepté de remplacer au pied levé l’invité de la reprise de juin. Jeanne voulait chanter en français, alors j’ai proposé ma chanson préférée de Brassens. Fun fact : la dernière reprise du mois en français était « Il pleut » d’Emilie Simon. Je ne peux lutter contre ses racines bretonnes. « Mais il ne pleut pas tout le… » OUI JE SAIS.

En 2002, une amie m’envoie par la poste deux CD audio gravés compilant tout ce qu’elle aime en musique. N’écarquillez pas les yeux, c’était l’époque où télécharger un seul fichier mp3 mettait une demie-journée. J’y ai découvert The Cure, les Nonnes Troppo, Hubert-Félix Thiéfaine, Miossec et une reprise de Brassens par Yann Tiersen et Natacha Regnier. Qu’est-ce qu’on en a bouffé du Tiersen, avec « Le fabuleux destin d’Amélie Poulain ». Son adaptation pianistique et vocale du morceau de Brassens est brillantissime, tellement qu’en écoutant la chanson originale, moins intense dans l’interprétation, on pourrait en arriver à se demander si Brassens en a quelque chose à foutre de ce qu’il chante.

Jeanne avait entendu la dernière reprise du mois de Clotilde Verry. Depuis lors, elle rêvait d’avoir sa propre reprise du mois. Jeanne connaissait déjà par coeur les paroles, mais la version de Brassens uniquement. La version de Tiersen est plus flegmatique, scande moins, mais était ma véritable base d’inspiration. Avant l’arrivée de Benjamin, on avait tenté de faire le morceau en tonalité mineure (tous les accords majeurs en mineurs), et on avait un peu tourné en rond. Avec la canicule de dehors et les machines en marche dans le studio, il faisait environ 50 degrés. On n’en pouvait plus, on errait en plein désert. Merci le ventilateur.
Benjamin est arrivé, tel le messie, et nous a apporté la Bonne Nouvelle : il nous a montré le chemin en proposant une guitare tout en délicatesse qui nous a servi de fondation du morceau. Après un évanouissemment, une assiette de tortellinis aux épinards et une migraine, Jeanne a réussi à chanter avec justesse et émotion malgré la canicule (qui l’a probablement aidée dans son interprétation douloureuse et poignante). et malgré la coupure nécessaire du ventilateur pendant les enregistrements. Bravo !

Je m’étais procuré un micro E906 de Sennheiser pour faire d’une pierre deux coups, sonoriser l’ampli de Martin Leyne pour le concert du 23 juin dernier, et pour commencer à expérimenter des repiquages en sessions d’enregistrement. Je l’ai placé devant le Fender Champ 25 que Benjamin m’avait lui-même vendu l’an dernier, c’était les retrouvailles !
D’habitude, j’utilise des modélisations d’ampli, comme le Tonelab de Vox, le Hot Wax d’Electro-Harmonix, ou la Howie de Menatone, que je peux faire passer ensuite dans une processeur à lampes Charisma de SPL pour donner un peu de vie à la prise, tout en restant discret. La sensibilité du micro E906 est superbe, elle restitue parfaitement ce qui sort de l’ampli, en live comme en studio, avec une bonne dynamique et sans déformer le son. S’il est équilibré à la sortie de l’ampli, il le sera à la sortie du micro. Quant au Fender Champ 25, très puissant pour sa taille, il délivre une très bonne définition et un équilibre très intéressant même sans dépasser 1 au volume. Pas besoin d’assourdir les voisins pour réussir son repiquage !

J’avais donc baptisé le E906 pour le concert de Martin Leyne, qui a eu lieu le 23 juin dernier à Amiens, au Mic Mac, salle de concert itinérante. Merci à Bastien Viltart pour son temps et ses efforts pour organiser ce concert. Plusieurs vidéos ont été prises, on bricole des montages à l’heure où vous lisez ces lignes. La première ci-dessus est le morceau « It is Time », avec Divin aux percussions, Exaucé à la batterie, et votre serviteur à la basse. Ce premier concert électrique de Martin Leyne était une véritable fête avec un public très réceptif. De plus, il était non seulement jouissif d’entendre les morceaux de l’EP en live, mais également de juste rejouer un concert, puisqu’à titre personnel mon dernier concert remontait à juin 2014 à Rennes avec Blue Chill.

Retrouvez « Le parapluie » sur Bandcamp et Soundcloud.

E.C.

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