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TQID#37 / « Calling You » – Jevetta Steele

Première reprise de l’année, nouvelle règle du jeu ! Pour me lancer dans cette dernière douzaine, j’ai fait appel à une de mes chouchoutes, Amandine Alexandre, alias Dady Alex, pour une chanson qu’elle trouvait très difficile à chanter (c’était ce qu’elle en disait en juin 2018), qu’elle a travaillée, et qu’elle a totalement maîtrisée. Même les grands doutent. Seuls les grands réussissent à ce point.

« Oh, c’est la chanson de Bagdad Café ! »
Oui mais c’est surtout une chanson de Bob Telson, chantée par Jevetta Steele. Jevetta Steele, qui connaît son nom ? Elle a été choriste de Jimi Hendrix, a collaboré avec A-Ha et Prince, a posé sa voix sur une des chansons les plus emblématiques du cinéma mondial, et personne ne connaît son nom ? Normal, elle n’a pas fait de réel duo, elle n’a été utilisée par ces musiciens bankables ci-dessus que pour faire des choeurs. Quelle discrétion… Quel gâchis ! Elle a également joué dans une pièce de théâtre-comédie musicale aux côtés de Morgan Freeman (« The Gospel at Colonus ») mais n’a plus jamais retrouvé autant la lumière qu’à l’époque de Bagdad Café. Elle continue modestement sa carrière au sein du groupe familial The Steeles, groupe de frangins et frangines qui font des petits concerts à travers les USA.

Je n’étais pas fan de la chanson avant que je n’entende la version de Jeff Buckley en 2010. D’ailleurs, comme il est déjà arrivé auparavant dans les reprises du mois, ce « Calling You » avec Amandine est une reprise de la version de Jeff, pas de l’originale. Après une année 2018 sous le signe des claviers et synthés électro, je veux me concentrer sur le jeu instrumental et, en conséquence, travailler l’ingéniosité d’arrangements simples plutôt que des constructions complexes à l’étape de production. C’est aussi l’occasion de retourner vers la guitare.
D’ailleurs, je vais vous révéler la consigne de l’exercice imposé des reprises de 2019 ! Cette année, la limite est … 4 pistes maximum en même temps !
Pour ce coup-ci, c’était simple :
– la voix d’Amandine
– une guitare lointaine avec beaucoup de réverb (celle qui commence le morceau)
– une guitare arpégée avec un octaveur désactivé au début (à 0’16), puis activé au refrain (à 0’48)
– une guitare solo avec un peu de reverb (qui arrive à 1’19, quand il ne reste que la guitare arpégée à l’octave)

Pour faire dans le dépouillé, je n’ai utilisé ni préampli à guitare, ni ampli. J’ai directement branché ma vieille Cort G250 (ma première guitare, avec les micros oxydées qui rendent le son moelleux) dans un Gold Mike de SPL, pour avoir le son le plus transparent possible, en jouant sur le gain uniquement pour préciser des cachets selon le rôle de la guitare. J’aime beaucoup cette guitare, surtout pour son vibrato qui me permet d’obtenir un petit effet chorus naturel qui fait légèrement fausser le son de manière subtile (les FDP de la justesse qui ont l’oreille absolue vomiront, mais ceux-là n’ont rien à faire ici) (ici, sur la planète Terre, j’entends).

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Au moment où j’écris ces lignes, la reprise de février a été enregistrée, et l’exercice a été un peu plus périlleux et réalisé différemment. Elle arrive dans quelques jours !

Retrouvez « Calling You » sur Bandcamp et Soundcloud.

E.C.

Non classé

TQID#36 / « How to Disappear Completely » – Radiohead

La reprise de décembre, c’était l’an dernier, il y a plus d’un mois. Il est encore temps de vous en parler puisque la première reprise de l’année 2019 n’est pas encore sortie (mais arrive de manière imminente, dans une poignée d’heures). Petit retour sur la dernière reprise de 2018, qui achève une année supplémentaire d’expérimentation. Pas d’invité, juste moi-même aux commandes, devant et derrière le micro.

Les premières fois que j’ai entendu « How to Disappear Completely », c’était pendant des parties d’ISS Pro Evolution sur Playstation, chez Julien. Il passait l’album Kid A en boucle pendant nos après-midis de matches endiablés. Au début, je me souviens avoir pensé que c’était un bruit d’aspirateur dans le fond du morceau (ce sont des ondes Martenot). Je ne respectais rien. Mais la grâce du morceau était incontestable.
Et en plus, quand j’ai appris la guitare, j’ai pu rapidement le jouer. C’est un des morceaux les plus simples de Radiohead. Tout l’intérêt du morceau réside dans les arrangements géniaux, la basse qui tourne en rond et les cordes qui ouvrent les nuages pour laisser la lumière divine s’abattre sur Thom. D’ailleurs, c’est la chanson du groupe que Thom préfère.
Les paroles, « I’m not here/this isn’t happening », sonnent comme un mantra, comme pendant une désincarnation quand on souhaite partir de là où l’on est bloqué. Ce n’est pas parce qu’on est un groupe majeur de son époque que tous les tapis rouges sont déroulés et que les gens sont polis et délicats.

Généralement il y a un invité pour la reprise du mois. De temps en temps, il n’y en a pas, pour des raisons de disponibilité des uns ou des autres. C’est alors l’occasion pour moi-même de me remettre en selle et d’être mon propre invité !
En 2016, j’ai démarré les reprises du mois avec des invités pour sortir de mes habitudes et aller voir ailleurs, parce que je ne trouvais plus les réponses dans la production de ma propre musique.
es reprises du mois se suivent mais je n’ai pas besoin de créer une cohérence entre elles. A la fin de l’année elles sont compilées, mais le propos n’est pas de créer une cohérence dans le choix des morceaux, l’exercice est principalement technique : pousser mon invité au-delà de ses limites artistiques, et me pousser au-delà des miennes dans le domaine de la production.
Ces dernières années, en privilégiant le travail de production, j’ai beaucoup moins travaillé ma technique instrumentale et ma voix. Là où il y a le plus de perte, c’est dans la voix. Ainsi, à chaque fois que je suis mon propre invité, je me remets à rééduquer un peu ma voix, pour en réveiller les potentiels. Bien sûr, l’endurance n’est plus au top, la faute au manque de pratique. L’élasticité et la précision non plus. Néanmoins, il y a toujours un feeling artistique, il suffit de sonder les possibilités physiques toujours présentes pour faire quelque chose qui tienne la route en fonction de ces limites.
Je pense que les reprises du mois connaissent leur dernière année en 2019, ensuite je me consacrerai aux autres projets. Les miens, et ceux des autres. Les reprises du mois étaient l’occasion de mettre certaines personnes en lumière et montrer aux autres leurs qualités, et révéler aux invités eux-mêmes leurs propres qualités. Je ne dis pas que j’ai fait le tour de l’exercice, mais il y a des artistes qui ont besoin d’accompagnement dans la réalisation de leur propre musique, et j’ai envie de creuser dans cette direction.Pour l’instant, seules les reprises de l’année 2016 sont sur Spotify et compagnie. Les reprises de l’année 2017 et 2018 sont en cours de remixage avant d’être envoyées sur les plateformes streaming. En 2016, je me faisais la main avec tout le matériel que j’avais accumulé en peu de temps, et j’essayais de trouver un moyen quelconque, n’importe lequel, pour trouver une direction aux morceaux. En 2017, l’exercice était de faire sonner les reprises comme si elles étaient exécutées en live par des groupes entiers. En 2018, le but était d’utiliser autant de claviers que possible, aussi peu de guitares que possible. En 2019… Vous verrez ! La reprise de janvier sort ce lundi (demain).

Retrouvez « How to Disappear Completely » sur Bandcamp et Soundcloud.

E.C.