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TQID#38 / « My Girls » – Animal Collective

La 38ème reprise du mois est un improbable combo de La Reine Aldabra (Lorène de son petit nom) qui chante sur du punk une reprise du groupe électro-expérimentalo-ouf Animal Collective. Eh bien ça marche quand même.

J’ai découvert Animal Collective pendant mon séjour en Angleterre. J’en ai déjà parlé ici, j’ai rencontré outre-Manche des gens qui m’ont fait découvrir beaucoup de choses que je ne connaissais pas et qui sont même devenus mes classiques. Et Animal Collective est un groupe fou qui a changé ma vision de la musique.
WIkipedia nous dit que c’est un groupe de rock… Houla. Wikipedia se pique à la farine et ça fait des grumeaux. C’est un groupe électro qui mélange tous les instruments possibles, et ajoute beaucoup de sons qui sont intégrés de manière musicale avec brio. « Nous n’avions jamais entendu parler de la musique expérimentale à cette époque, nous ne savions pas que les gens faisaient de la musique avec des textures et des sons à l’état pur. Donc on a commencé à faire ça nous-même au lycée, des fonds sonores de guitares qui bourdonnent et des pédales qui décalaient les sons, et nous qui criions dans les micros. »
Le groupe est composé d’amis d’enfance, c’est beau. Ils ont avalé du LSD à 15 ans aussi, ne faites pas ça chez vous les enfants. Et c’est impossible pour eux de le cacher, de toute façon. Ils sont restés bloqués, ça s’entend autant que ça se voit. Par exemple ce film audiovisuel qui dure presque une heure, et qui vous reviendra à moins cher qu’un cachet de LSD :

« My Girls » est sorti il y a 10 ans, le 23 mars 2009. Diantre, ce morceau est tellement génial qu’il ne peut pas prendre de coup de vieux. L’intro et l’outro du morceau comportent des sons enregistrés par la sonde Cassini-Huygens quand elle explorait les anneaux de Saturne. Lancée en 1997, la bestiole est arrivée en 2004 en orbite autour de Saturne. En 2005, la partie Huygens a atterri sur Titan, une des lunes de la géante gazeuse, et la partie Cassini a continué son chemin autour de Saturne. Sa mission a été prolongée deux fois, en 2008 puis en 2010.  Le 15 septembre 2017, c’était le Grand Final : la sonde a plongé dans l’atmosphère de Saturne pour collecter un maximum d’informations avant de mourir démembrée pendant sa chute. Un aspect contemporain du romantisme.

Les paroles de « My Girls » sont un peu coconnes, on ne va pas se le cacher, ça parle d’avoir un toit sur sa tête et de sentiment de sécurité, tout ce dont se fiche un punk normalement constitué (sécurité < liberté). Par rebellitude, Lorène changé « My Girls » par « My Boys ». Merci à elle d’avoir accepté de chanter ces paroles totalement à l’opposé de ce qu’elle aime et ce qu’elle écrit. Par ailleurs, Lorène est davantage « pop électro » que « punk à guitares ». L’an dernier 2018, sa reprise de « ’39 » (titre de Queen) avec Valou était un peu plus proche de son univers musical, très électro, mais elle m’avait déjà suivi pour une reprise de « All Flowers in Time » de Jeff Buckley et Liz Frazer à base de guitares en 2016 (J’assume la prod, même si aujourd’hui, 3 ans plus tard, je ferais bien mieux, mais j’ai dit que j’assumais, donc j’assume et je me tais).

Conformément à la contrainte de l’exercice des reprises cette année, il n’y a que quatre pistes. Pour « Calling You » le mois dernier, on avait quatre pistes, tantôt activées toutes les quatres, tantôt désactivées pour n’en avoir que deux ou trois. A chaque piste était attribué un seul instrument. Ce coup-ci, on a exploité différemment cette limitation puisqu’on a en réalité sept pistes différentes, mais jamais jouées en même temps. Quand un instrument disparaît, c’est pour qu’une autre voix de Lorène arrive. Quand deux instruments disparaissent. Par exemple, à 1’18, il reste la batterie et il y a trois voix de Lorène pour une de ses harmonies aldabresques.
Au final on a donc :
– Une batterie Addictive Drums 2, qui est formidable si on prend la peine de s’attarder dessus, avec ses multiples réglages possibles au-delà d’une simple programmation de sa composition et d’un choix de kit d’éléments
– Une basse (ma Jaguar de Squier) dans le préampli « Bass Metaphors » d’Electro-Harmonix (qu’il est MOCHE ce truc)
– Une Gretsch G5248T Double Jet , avec une modélisation d’ampli « Oxford » de Tech 21, matériel un peu mis de côté ces dernières années mais totalement réhabilité à mes yeux depuis le passage de Guillaume de The Unplugged Jacks, pour qui on a utilisé systématiquement cette pédale
– La voix principale de Lorène, qui a inauguré mon nouveau Rode NT1-A auto-offert pour Noël, remplaçant mon historique duo RB500 + PG42
– Deux voix d’harmonie aldabresque qui arrivent en même temps à 1’18, une à droite, une à gauche
– Une voix avec un delay + reverb juste après les deux voies d’harmonie aldabresque, qui s’arrête brutalement à 1’43

Retrouvez « My Girls » sur Bandcamp et Soundcloud.

E.C.