Non classé, Project studio

Commencer à produire sa musique : les outils nécessaires

Dans l’imaginaire collectif, pour enregistrer sa musique, il faut que l’artiste ou le groupe aille dans un studio après plusieurs mois de répétition. Aujourd’hui, les outils d’enregistrement ont été démocratisés, et on peut produire sa musique à la maison. Cet article vous guidera sur le matériel de base nécessaire pour commencer la grande aventure de la production musicale. Pas forcément pour obtenir un produit fini et diffusable, mais pour pouvoir avoir un regard (ou une écoute) extérieur sur votre propre musique, et avancer en attendant de rencontrer des gens qui vous feront la courte-échelle vers une qualité supérieure.
Dans cet article, je vais tout d’abord me concentrer sur l’aspect matériel, les outils nécessaires pour faire les choses avec un minimum de sérieux.

1. Micro

On conseille le plus souvent le SM57, qui est plutôt polyvalent. Pour débuter, tous les micros que vous pourrez avoir sous la main feront l’affaire (clones du SM57 ou pas). N’achetez pas forcément le micro le plus cher, car ça n’a pas de sens si les autres éléments de votre chaîne ne sont pas d’une qualité suffisante pour appréhender correctement le son enregistré. Le niveau de qualité à la sortie est déterminé par l’élément le plus faible dans la chaîne : votre robinet en or massif ne servira à rien si toute la tuyauterie est trouée. Démarrez modestes.
J’ai failli oublier : achetez un pied de micro, car je pense que vous n’allez pas trouver beaucoup de volontaires pour vous tenir le micro pendant l’enregistrement. Privilégiez un pied de micro plutôt lourd, pour éviter qu’il ne tombe à chaque contact, ou si le chanteur a une voix trop puissante (ça, c’est une blague).
Si vous avez des synthés, par exemple, vous pourrez utiliser la sortie audio de l’instrument pour y brancher un câble jack ou XLR qui ira directement dans l’entrée son, sans passer par un micro.

2. Entrée son

Par défaut, votre ordinateur possède certainement déjà une entrée pour micro, voire un micro interne. Pour une discussion Skype, ce sera certainement suffisant. Lors de mes débuts, j’utilisais un ordinateur doté d’une carte son intégrée, sans isolation : bonjour les bruits parasites (oui, s’ils lisent cet article, je les salue). Pour l’enregistrement de matériau musical, ce n’est pas suffisant. Vous aurez besoin d’une interface audio, qu’on appelle aussi « carte son (externe) », pour obtenir un résultat correct. Cette petite boîte permet de convertir avec davantage de précision le son analogique, capturé par le micro, en son numérique qui pourra être ensuite travaillé, modelé.
Parmi les modèles recommandés pour débuter, la Scarlett de Focusrite revient très souvent. Mais tous les modèles d’entrée de gamme feront le boulot. Si vous êtes seul, une seule entrée sera suffisante. Si vous avez l’ambition d’enregistrer deux sources en même temps (deux musiciens ou un instrument pris par deux micros), il faudra deux entrées.

3. DAW


Maintenant, il ne manque plus que l’outil pour animer tout cela. Généralement désignée par l’acronyme « DAW » (Digital Audio Workstation), la station audionumérique (en français, ou STAN en version courte) vous servira à acquérir des fichiers sonores que vous pourrez voir à l’écran, éditer, découper, superposer. Ce programme sera votre espace de jeu où vous pourrez construire votre musique comme si les fichiers étaient des briques de Lego… dont vous pourriez changer la couleur, la forme, la taille. C’est beau la technologie.
Quel DAW choisir ? Il n’y a pas mieux que cet article de Projet Home Studio pour avoir une vision d’ensemble de ce qu’offre le marché actuel. On vous parlera souvent de Pro Tools, mais il s’agit plus d’un outil conventionnel connu de tous que véritablement le meilleur du monde. Mon conseil est de trouver un DAW que vous trouverez facile à comprendre et agréable à utiliser. L’idéal, c’est d’avoir un ami qui peut vous montrer ce qu’il utilise, et vous faire un tuto adapté autour d’un thé et de petits biscuits. Youtube est aussi une magnifique plateforme de découvertes et d’apprentissages (dans tous les domaines).
A titre indicatif, j’utilise Mixcraft (très peu connu mais très complet) depuis 2005 et n’ai jamais changé. J’ai pris mes habitudes, et l’équipe de développement recherche constamment à perfectionner leur programme à chaque nouvelle version. Ce qui fait qu’avec ce logiciel, je suis à la fois en terrain connu, mais aussi équipé d’un outil qui est amélioré de génération en génération. Chaque DAW a ses propres logiques de rangement de commandes, et chacun aura ses préférences selon son expérience dans la fluidité des manœuvres pendant les phases d’édition et mixage.


4. Enceintes

Si vous écoutez vos enregistrements avec des enceintes de mauvaise qualité, vous pourriez vous dire que vos enregistrements sont ratés puisque vous seriez incapable d’entendre qu’ils sont réussis (la « dysmorphophobie audio », ça existe). L’inverse est possible également, c’est le plus courant même : imaginer qu’un enregistrement est parfait en croyant qu’il contient tout ce dont on a besoin comme fréquences ou énergie, à tort, car votre système d’écoute ne retranscrit pas fidèlement tout ce que vos enregistrements contiennent. Une bonne oreille fait un excellent binôme avec une bonne paire d’enceintes.
Vous apprécierez avoir un système audio capable de restituer avec précision vos enregistrements. Les enceintes HIFI, « de salon », proposent une image sonore moins définie, plus arrondie, plus agréable. Il vous faut des enceintes de monitoring, analytiques, pour contrôler (vérifier) le son avec précision. Vous devinez ce que je vais vous dire : il n’est pas question d’acheter les enceintes de monitoring les plus chères, les plus puissantes, les plus grandes. J’aime beaucoup ce que propose Mackie avec ses CR4, à se pas confondre avec CR7, qui est un footballeur portugais. Rien à voir.


5. Casque

Pour la question « casque ou enceintes ? », je recommanderais si possible d’avoir les deux, pour trois raisons : travailler au casque permet de travailler sans déranger les voisins si vous travaillez la musique longtemps et/ou tard, travailler uniquement au casque peut fatiguer plus vite les oreilles que face à des enceintes, et avoir deux types d’écoutes différentes donne deux perspectives qui, recoupées, donnent davantage de confiance quant aux équilibres de la musique.
Quel casque ? Dans l’optique de limiter les coûts, j’opterais pour un seul casque, fermé, qui pourra être utilisé à la fois pour l’enregistrement et le travail de mixage. Un casque fermé ne laissera pas le micro attraper le son que vous entendez dans le casque pendant l’enregistrement. Mon premier casque a été le DT 770 Pro de Beyerdynamic, et je l’utilise toujours.


Vous pourrez toujours faire des enregistrements sans tout ce matériel. Mais avec des outils adaptés, vous aurez moins de difficultés et davantage de plaisir pendant l’activité de production.
L’avantage de l’autonomie dans l’art de la production musicale, c’est de pouvoir utiliser ces conditions de home studio pour travailler sa musique, construire ses morceaux, faire de la recherche d’arrangements ou de sonorités, évaluer ses performances avec du recul. Même si vous ne savez pas finir vos morceaux, je suis certain que vos préversions, vos maquettes, seront à la fois l’occasion pour vous d’avancer dans votre développement d’identité artistique, et aussi le moyen d’obtenir des résultats concrets très utiles quand vous voulez présenter votre univers musical à quelqu’un qui pourra peut-être vous aider. Si vous me faites écouter un morceau maladroitement produit qui contient beaucoup de bonnes idées, je comprendrai plus rapidement ce à quoi vous aspirez comme résultat que si vous me le racontez avec des mots pas forcément toujours bien choisis. De toute façon les meilleurs mots ne sont jamais suffisants, c’est la raison pour laquelle nous faisons de la musique.
Je vous ai convaincu de mettre le pied à l’étrier de l’autoproduction ? Dans le prochain article, on parlera des différentes étapes pour réaliser un bon enregistrement puis un bon mixage.
« T’appuies sur REC et c’est bon, c’est simple« . Quasiment mais pas tout à fait.

L.A

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