Non classé

🎄Le Calendrier De L’Avent 2022 de The Queen Is Dead Records

(article mis à jour chaque jour entre le 1er et le 24 décembre 2022)

Depuis septembre 2021, en plus de l’accompagnement d’artistes pendant les phases de production, The Queen Is Dead Records fait aussi de la distribution digitale ouverte à tous.
Ces artistes ne font pas partie du label, leurs morceaux ne sont pas marqués du sceau artistique de la couronne penchée, et pourtant je veux vous parler d’eux. J’écoute tout et j’ai fait la découverte de musiciens géniaux et également de personnes très positives et joyeuses. Je veux leur rendre hommage.

Jusqu’à Noël, je vais partager chaque jour un morceau de ces artistes qui sont passés par https://www.distribution-tqidr.com/ pour tenter la folle aventure de la distribution digitale avec un distributeur inconnu qui a le privilège d’apparaître dans le classement de Guil’s Records (Beaucoup d’entre eux viennent après consultation de ce classement ! Merci Guilaine !).


🎁 1er décembre : DR OLIVE & THE HOPERATORS – « Road to Tamezret »
🎧 https://sptfy.com/RoadToTamezret


Oliv’ de Dr Olive and the Hoperators est celui qui m’a mis le pied à l’étrier de la distribution digitale « pour les autres ». Avant, c’était seulement pour les artistes du label. Mais j’avais là un super outil pour les potes, et finalement carrément tout le monde en fait. Musicalement, Dr Olive est un visionnaire qui, dès les années 90, montre maturité et bon goût dans des morceaux électro élégants qui ont probablement inspiré Moby qui a essayé de l’imiter sans égaler le maître. Cette année, Dr Olive a sorti deux compilations dont une reprenant des titres intemporels réalisés au siècle dernier : https://www.tqidr.com/rm1

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🎁 2 décembre : QVDN – « Vrai »
🎧 https://sptfy.com/Vrai


A la première écoute, j’étais conquis. Et, depuis, à chaque fois que QVDN m’envoie une demande de distribution digitale pour un nouveau single, je sais que je vais aimer. Pourtant c’est du rap. Et le rap et moi, ça fait deux. Non pas par principe, mais parce que le rap mainstream, tel qu’il existe dans sa forme contemporaine, n’attire plus ma curiosité. Dans leur prod, les morceaux de QVDN ont une vibe rock et rap des années 90, forcément ça me plaît. J’y retrouve des ambiances graves dignes de NTM (forcément une référence pour le boomer que je suis), et des textes passionnants à écouter de bout en bout, seuls les textes acerbes du Klub des Loosers me faisaient cet effet. La musique de QVDN est propre mais pas trop, jamais bourgeoise, et je voulais partager mon privilège qui est celui de savoir qu’un tel artiste existe.

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🎁 3 décembre : I’DAWN – « Triumph of Life »
🎧 https://sptfy.com/TriumphOfLife


Voyage dans le temps, retour en 1997 (alors que l’album a été produit en 2019). C’est brut comme du Nirvana unplugged, torturé comme du The Smashing Pumpkins, frais comme du Blur, légèrement désinvolte comme du Radiohead post-Pablo Honey et pré-The Bends, cool comme du The Brian Jonestown Massacre,. Voilà pour le name-dropping. Cet album déborde de sincérité, ça sonne indie (dans le BON sens du terme), et c’est tout l’album « Heads of the Family » qui devrait être recommandé en fait.

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Non classé, Project studio

Commencer à produire sa musique : les outils nécessaires

Dans l’imaginaire collectif, pour enregistrer sa musique, il faut que l’artiste ou le groupe aille dans un studio après plusieurs mois de répétition. Aujourd’hui, les outils d’enregistrement ont été démocratisés, et on peut produire sa musique à la maison. Cet article vous guidera sur le matériel de base nécessaire pour commencer la grande aventure de la production musicale. Pas forcément pour obtenir un produit fini et diffusable, mais pour pouvoir avoir un regard (ou une écoute) extérieur sur votre propre musique, et avancer en attendant de rencontrer des gens qui vous feront la courte-échelle vers une qualité supérieure.
Dans cet article, je vais tout d’abord me concentrer sur l’aspect matériel, les outils nécessaires pour faire les choses avec un minimum de sérieux.

1. Micro

On conseille le plus souvent le SM57, qui est plutôt polyvalent. Pour débuter, tous les micros que vous pourrez avoir sous la main feront l’affaire (clones du SM57 ou pas). N’achetez pas forcément le micro le plus cher, car ça n’a pas de sens si les autres éléments de votre chaîne ne sont pas d’une qualité suffisante pour appréhender correctement le son enregistré. Le niveau de qualité à la sortie est déterminé par l’élément le plus faible dans la chaîne : votre robinet en or massif ne servira à rien si toute la tuyauterie est trouée. Démarrez modestes.
J’ai failli oublier : achetez un pied de micro, car je pense que vous n’allez pas trouver beaucoup de volontaires pour vous tenir le micro pendant l’enregistrement. Privilégiez un pied de micro plutôt lourd, pour éviter qu’il ne tombe à chaque contact, ou si le chanteur a une voix trop puissante (ça, c’est une blague).
Si vous avez des synthés, par exemple, vous pourrez utiliser la sortie audio de l’instrument pour y brancher un câble jack ou XLR qui ira directement dans l’entrée son, sans passer par un micro.

2. Entrée son

Par défaut, votre ordinateur possède certainement déjà une entrée pour micro, voire un micro interne. Pour une discussion Skype, ce sera certainement suffisant. Lors de mes débuts, j’utilisais un ordinateur doté d’une carte son intégrée, sans isolation : bonjour les bruits parasites (oui, s’ils lisent cet article, je les salue). Pour l’enregistrement de matériau musical, ce n’est pas suffisant. Vous aurez besoin d’une interface audio, qu’on appelle aussi « carte son (externe) », pour obtenir un résultat correct. Cette petite boîte permet de convertir avec davantage de précision le son analogique, capturé par le micro, en son numérique qui pourra être ensuite travaillé, modelé.
Parmi les modèles recommandés pour débuter, la Scarlett de Focusrite revient très souvent. Mais tous les modèles d’entrée de gamme feront le boulot. Si vous êtes seul, une seule entrée sera suffisante. Si vous avez l’ambition d’enregistrer deux sources en même temps (deux musiciens ou un instrument pris par deux micros), il faudra deux entrées.

3. DAW


Maintenant, il ne manque plus que l’outil pour animer tout cela. Généralement désignée par l’acronyme « DAW » (Digital Audio Workstation), la station audionumérique (en français, ou STAN en version courte) vous servira à acquérir des fichiers sonores que vous pourrez voir à l’écran, éditer, découper, superposer. Ce programme sera votre espace de jeu où vous pourrez construire votre musique comme si les fichiers étaient des briques de Lego… dont vous pourriez changer la couleur, la forme, la taille. C’est beau la technologie.
Quel DAW choisir ? Il n’y a pas mieux que cet article de Projet Home Studio pour avoir une vision d’ensemble de ce qu’offre le marché actuel. On vous parlera souvent de Pro Tools, mais il s’agit plus d’un outil conventionnel connu de tous que véritablement le meilleur du monde. Mon conseil est de trouver un DAW que vous trouverez facile à comprendre et agréable à utiliser. L’idéal, c’est d’avoir un ami qui peut vous montrer ce qu’il utilise, et vous faire un tuto adapté autour d’un thé et de petits biscuits. Youtube est aussi une magnifique plateforme de découvertes et d’apprentissages (dans tous les domaines).
A titre indicatif, j’utilise Mixcraft (très peu connu mais très complet) depuis 2005 et n’ai jamais changé. J’ai pris mes habitudes, et l’équipe de développement recherche constamment à perfectionner leur programme à chaque nouvelle version. Ce qui fait qu’avec ce logiciel, je suis à la fois en terrain connu, mais aussi équipé d’un outil qui est amélioré de génération en génération. Chaque DAW a ses propres logiques de rangement de commandes, et chacun aura ses préférences selon son expérience dans la fluidité des manœuvres pendant les phases d’édition et mixage.


4. Enceintes

Si vous écoutez vos enregistrements avec des enceintes de mauvaise qualité, vous pourriez vous dire que vos enregistrements sont ratés puisque vous seriez incapable d’entendre qu’ils sont réussis (la « dysmorphophobie audio », ça existe). L’inverse est possible également, c’est le plus courant même : imaginer qu’un enregistrement est parfait en croyant qu’il contient tout ce dont on a besoin comme fréquences ou énergie, à tort, car votre système d’écoute ne retranscrit pas fidèlement tout ce que vos enregistrements contiennent. Une bonne oreille fait un excellent binôme avec une bonne paire d’enceintes.
Vous apprécierez avoir un système audio capable de restituer avec précision vos enregistrements. Les enceintes HIFI, « de salon », proposent une image sonore moins définie, plus arrondie, plus agréable. Il vous faut des enceintes de monitoring, analytiques, pour contrôler (vérifier) le son avec précision. Vous devinez ce que je vais vous dire : il n’est pas question d’acheter les enceintes de monitoring les plus chères, les plus puissantes, les plus grandes. J’aime beaucoup ce que propose Mackie avec ses CR4, à se pas confondre avec CR7, qui est un footballeur portugais. Rien à voir.


5. Casque

Pour la question « casque ou enceintes ? », je recommanderais si possible d’avoir les deux, pour trois raisons : travailler au casque permet de travailler sans déranger les voisins si vous travaillez la musique longtemps et/ou tard, travailler uniquement au casque peut fatiguer plus vite les oreilles que face à des enceintes, et avoir deux types d’écoutes différentes donne deux perspectives qui, recoupées, donnent davantage de confiance quant aux équilibres de la musique.
Quel casque ? Dans l’optique de limiter les coûts, j’opterais pour un seul casque, fermé, qui pourra être utilisé à la fois pour l’enregistrement et le travail de mixage. Un casque fermé ne laissera pas le micro attraper le son que vous entendez dans le casque pendant l’enregistrement. Mon premier casque a été le DT 770 Pro de Beyerdynamic, et je l’utilise toujours.


Vous pourrez toujours faire des enregistrements sans tout ce matériel. Mais avec des outils adaptés, vous aurez moins de difficultés et davantage de plaisir pendant l’activité de production.
L’avantage de l’autonomie dans l’art de la production musicale, c’est de pouvoir utiliser ces conditions de home studio pour travailler sa musique, construire ses morceaux, faire de la recherche d’arrangements ou de sonorités, évaluer ses performances avec du recul. Même si vous ne savez pas finir vos morceaux, je suis certain que vos préversions, vos maquettes, seront à la fois l’occasion pour vous d’avancer dans votre développement d’identité artistique, et aussi le moyen d’obtenir des résultats concrets très utiles quand vous voulez présenter votre univers musical à quelqu’un qui pourra peut-être vous aider. Si vous me faites écouter un morceau maladroitement produit qui contient beaucoup de bonnes idées, je comprendrai plus rapidement ce à quoi vous aspirez comme résultat que si vous me le racontez avec des mots pas forcément toujours bien choisis. De toute façon les meilleurs mots ne sont jamais suffisants, c’est la raison pour laquelle nous faisons de la musique.
Je vous ai convaincu de mettre le pied à l’étrier de l’autoproduction ? Dans le prochain article, on parlera des différentes étapes pour réaliser un bon enregistrement puis un bon mixage.
« T’appuies sur REC et c’est bon, c’est simple« . Quasiment mais pas tout à fait.

L.A

distribution digitale, Non classé, Témoignage

Etude de cas – Payer pour avoir sa musique dans une playlist Spotify

Salut à toi jeune entrepreneur.
Si aujourd’hui j’écris cet article, c’est pour une raison très simple : savais-tu que 100% des gens qui payent pour avoir leur musique sur une playlist Spotify le regrettent quand ils font les comptes ? Alors, est-ce que tu veux en faire partie ? Il faut que tu te poses les bonnes questions.
Est-ce que tu préfères faire pitié et jeter de plus en plus d’argent par la fenêtre sans résultat et risquer de te faire supprimer ta musique de Spotify qui interdit les playlists payantes, ou comprendre les mécanismes de la communication digitale et obtenir plutôt des streams organiques 100% safe ?
Moi je pense la question elle est vite répondue.
Alors, soit tu suis Guilaine, soit tu continues de payer les vacances aux Bahamas des cyberarnaqueurs.
Bisou.

(J’avais déjà co-écrit un article avec Karine Lemarchand, cette fois-ci c’est JP Fanguin que j’ai invité. C’est un gars marrant.)


Ce que dit Spotify

Source (en version originale)

« Tout d’abord, il est interdit de payer pour avoir accès à une playlist Spotify. Si une personne ou une structure tierce propose un placement dans une playlist en échange d’argent, il s’agit d’un service de manipulation d’écoutes qui va à l’encontre des règles de Spotify en ce qui concerne la promotion de musique. »

Le moyen le plus simple d’en avoir la preuve, est de simplement poser la question à un vendeur de placement sur playlist, et d’observer le niveau de langage de son propos ainsi que la réponse de fond apportée à une simple interrogation légitime.

« Est interdit, qu’importe le motif : de vendre un compte utilisateur ou une playlist, ou bien d’accepter ou proposer d’accepter une compensation, financière ou d’une autre nature, pour influencer le propriétaire d’un compte ou d’une playlist, ou le contenu d’un compte ou d’une playlist. En outre, nous supprimons régulièrement des playlists générées par des utilisateurs déclarant user d’une des pratiques sus-mentionnées, ce qui ne vous apportera donc pas un grand bénéfice au final. Nos équipes et algorithmes sont là pour aiguiller votre musique vers les audiences les plus réceptives : ce n’est pas le cas de ces playlists frauduleuses ! »

Le principe est simple à comprendre : toute l’interface de Spotify est la propriété de Spotify, et ne peut donc représenter un moyen direct ou détourné de gagner de l’argent. Les utilisateurs n’en sont que les locataires. En tant que locataire, on ne sous-loue pas, on n’abat pas de mur porteur, et on n’installe pas un élevage de poules. Il y a évidemment la protection logique du « pas vu – pas pris« , mais les vendeurs de placements en playlist ont un bizness et donc font de la communication sur ce service pour avoir de la visibilité et attirer un max de victimes. Jusqu’à Instagram même, dites donc !


Etude de cas

Stewart Harding, sur Instagram, a liké une de mes stories (un meme de chien qui danse sur un morceau de The Burmese Days). Je connais le hameçon du like random, mais je suis quand même allé voir sa page. Beaucoup de photos de ce qui semble être son chien (en tout cas, c’est pas un chat), et quelques posts de lui en contexte musical (on devine le songwriter guitariste), et il mentionne ses milliers d’écoutes sur Soundcloud, screenshots de graphiques à l’appui. Ça sent la good vibe. Il a une grosse visibilité avec ses « deux playlists à plusieurs dizaines de milliers de followers ». Voyons ça d’un peu plus près.

Son lien Linktree propose deux liens, deux playlists : une de Céline Dion et une d’Ed Sheeran. Mes deux idoles. Je ne comprends pas comment on peut faire atterrir un morceau d’un autre artiste là-dedans. Donc je lui envoie un message sympa pour comprendre son histoire. Je suis en confiance avec sa photo de profil solaire et son chien mignon et son highlight « positivity ». Je m’attends à un gars doux et poli.


Quelqu’un de bien

« Salut Stewart ! J’espère que tu vas bien. Quelle sorte de musique acceptes-tu pour ta playlist ? Des chansons de Céline ou Ed uniquement ? Passe une bonne journée ! »

Ma question semble idiote mais je fais de mon mieux et j’ai besoin d’une réponse.

« Salut. N’importe quelle chanson que les gens souhaitent m’envoyer. De quel coin du monde es-tu ? »

Il me demande d’où je suis, il veut nouer un lien, c’est vraiment un gars sympa. Il semble ouvert, mais je ne veux pas lui donner n’importe quoi comme musique.

« Je suis de Paris (en gros). Et toi ? Ceci est le compte Instagram de mon label qui est aussi un distributeur digital de musique, donc je voudrais être pertinent et précis dans mon choix de musique pour toi ! »

Je me présente, en toute transparence, et j’explique que je prends au sérieux son histoire de playlist et veux lui réserver les meilleurs titres possibles. Car je me dis qu’il est dans une idée de partage, d’amour de la musique (avec des licornes et des sucettes rose). Que nenni. Il ne répondra jamais à ma question concernant sa localisation, il répond en commençant avec un argument d’autorité.

« En tant qu’ancien vendeur de publicité web au gouvernement américain, je peux te dire que l’idée de ‘pertinence’ ou ‘précision’ n’est pas aussi importante que les gens le pensent, mais je ne veux pas t’ennuyer en t’expliquant pourquoi. »

Ah, on se fiche de la pertinence ? Et il semble trop pressé pour m’expliquer quelque chose de trop compliqué pour moi. Soit il me croit incapable de comprendre, soit il bluffe et n’a rien de précis à raconter sur le sujet, tout en sous-entendant qu’il en connaît beaucoup. Technique oratoire grossière. Red flag.


Le Juste Prix

Et là, sans transition, froidement (avec un « well » qui signifie « j’ai rien de mieux pour enchaîner »), il expose ses conditions :

« Bon, le tarif pour avoir un morceau placé sur DEUX de mes playlists qui ont en tout plus de 82 000 followers est de 41€ via Cash App ou Paypal, et ta chanson restera sur les playlists pendant 7 jours. Mais je vais te proposer une offre d’essai avec ton morceau sur les deux playlists pendant 24h pour juste 7€. Si ça te dit, fais-moi signe quand tu veux. »

Là je comprends : pas besoin de pertinence, car il n’y aucun style requis. Si on paye, le morceau va en playlist, aucun tri. On a en fait affaire à un biznessman. On peut le trouver cynique, et on peut me trouver naïf, mais il n’avait pas mentionné que c’était payant sur son compte Instagram, donc on pourrait être surpris. Je rappelle qu’il y a pléthore de curateurs de playlists dont le but est de créer des belles playlists, avec leur sens esthétique comme valeur ajoutée de leur part. Leur autorité est leur talent éditorial et ils ne font pas payer. Construire une playlist homogène qui a du sens, c’est un vrai travail de recherche, d’écoute, de sélection, il y en a même qui sont payés pour faire ça en radio (c’est d’ailleurs ce qu’on essaye de faire pour Radionysos avec l’ami Valentin). Bref, faire une playlist ne signifie pas forcément qu’on va faire payer les artistes, parfois on sélectionne ce qu’on y met, et j’étais prêt à me soumettre à son filtre en lui proposant les meilleurs morceaux des artistes du label.
Bref, je sais aussi que Spotify refuse catégoriquement les playlists pour lesquelles il faudrait payer un droit d’entrée. On risque même la suppression de son morceau, de son compte artiste, et ça fait perdre argent et visibilité. Je me demande si notre ami Stewart connaît ces sanctions. Je ne veux pas aborder l’idée d’un service payant pour ne pas faire le rat et le mettre en colère (oui, il est prévisible), je préfère aborder l’idée de la légalité du service. Prudemment, je demande :

« Merci mais, désolé, est-ce que c’est légal ? »

Je me mets poliment dans la posture de l’ignorant en attente du baptême informatif d’un mec qui a fait du commerce avec le gouvernement de la première puissance militaire mondiale, tout de même.


Le masque tombe

« Offre annulée. En tant que personne qui travaille aussi dur que je le fais, je ne fais pas affaire avec des gens qui mettent en doutent la légalité et l’intégrité de ma profession. La raison pour laquelle tu poses cette question est clairement parce que tu t’attendais à un service gratuit, ce qui signifie que tu t’attends à ce que quelqu’un qui n’a aucune idée de qui tu es puisse te fournir un service professionnel gratuitement sans même te connaître, ce qui est probablement la chose la plus narcissique que j’aie entendue et je ne fais pas affaire avec des parasites.
Le monde n’est pas gratuit, malheureusement, malgré ce qu’on t’a appris à la maternelle. Si tu penses autrement, alors tu t’es trompé. »


« Offre annulée » : le couperet tombe, la sanction est irrévocable. Stratégie de l’homme de paille (m’accuse d’un narcissisme qui doit probablement être le sien en réalité #autoprojection) et montage sur ses grands chevaux (« j’ai deviné qui tu étais, tu es un parasite, tu n’as rien compris à la vie » #espècedepauvre) et certainement un autoportrait flatteur usant de mots qui tiennent lieu des qualités dont il est à tous les coups dépourvu (« je travaille super dur »: ceux qui travaillent le plus ne gâchent pas tout en disant qu’ils travaillent dur, ils se contentent de maîtriser leur domaine et se taisent #LaoTseu). On pourrait presque penser qu’il s’agit d’un copier-coller qu’il avait déjà sous le coude, ce qui serait mieux que d’avoir pris le temps de m’écrire cela en temps réel (ce qui serait une perte de temps, et le temps c’est de l’argent, pourquoi vouloir éduquer un parasite ? Est-ce que tu parles aux chaises toi ?). Et il enchaîne avec une image qu’il avait, elle, sous le coude (à moins qu’il n’ait fait une recherche google spécialement pour moi) :

« Les milliardaires perdent des millions pour devenir millionnaires. Les millionnaires perdent des centaines de milliers pour devenir des millionnaires. Les gens fauchés ne veulent rien perdre et ils s’attendent à devenir riches. »

Voilà donc le secret. Il faut accepter de se faire arnaquer pour devenir milliardaire. Comme disait Lao Tseu, « de la profusion naît la variabilité du concept qualitatif », certes, c’est la multiplicité des expériences qui donne le réel savoir. Mais a-t-on vraiment besoin de tomber dans le piège quand on l’a déjà bien remarqué au milieu de la route ? Mon ultime réponse n’a jamais été lue car, comme ultime aveu post-mortem, j’ai été évidemment bloqué par ce cher Stewart qui se fiche bien de savoir que je ne le trouve pas professionnel. Ni sympa.


Les comptes sont pas bons Kévin

Mais peut-être que son truc marche vraiment ? Comment savoir ?
Après le blocage de Stewart, je me suis rendu sur ses playlists pour les liker et tout écouter pour doper ses stats. Non, pas vraiment. Par contre, j’ai vraiment été voir ce qu’il s’y passe. On y voit le titre « Love is Blind », de Nathan Hulcoop. Ce morceau a été ajouté il y a 7 jours et a 3804 écoutes, et se trouve en dernière position des deux playlists.
Partons du principe que l’intégralité de ces 3804 écoutes a été obtenue dans cette playlist, grâce à elle. Une écoute Spotify rapporte environ 0,004€. Si Nathan perçoit l’intégralité de sa rémunération de streaming, il a donc gagné 3804 écoutes X 0,004€ = 15,20€. Dans l’hypothèse ultra optimiste que tous ses streams ait été obtenus grâce à ces playlists de Stewart, je le rappelle.
Pour une prestation à 41 euros, Nathan a donc perdu (au moins) 25,80€. Stewart, lui, a gagné 41 euros.


Les playlists payantes ne fonctionnent pas

« Des problèmes avec votre santé mentale ? Alors vous avez besoin de mon soutien via ma playlist de positivité blablabla je suis un bon gars »

Mais pourtant il y avait 80 000 followers en tout. Si les 80 000 followers avaient chacun écouté le morceau, ça aurait fait 320 euros. Comment cela se fait-il que le morceau ait fait un bide ? Le morceau de Nathan est-il mauvais ?
Il n’est jamais assuré que l’intégralité des followers d’une playlist va écouter cette dernière. Ecoutez-vous une playlist quotidiennement ? Jusqu’au 91ème ou 75ème titre qui plus est ?
Par ailleurs, le thème des playlists, Céline Dion et Ed Sheeran, n’attire a priori que les fans de Céline Dion ou Ed Sheeran. Cela semble logique. Qui, en suivant ces playlists, serait friand de découvertes de morceaux sans aucun lien avec le thème de la playlist ? La réalité est cruelle : ces playlists n’ont aucun sens. Les playlists payantes n’ont pas la qualité éditoriale qu’ont les playlists licites.
L’argument de la quantité de followers ne tient pas, et ne peut constituer à lui seul l’assurance d’un grand nombre d’écoutes. Un follower est un auditeur potentiel. Au mieux. La plupart du temps, c’est quelqu’un qui aime sans consommer ce qu’il suit. Au pire, il s’agit de faux abonnés, non-organiques, qui ne font que de la figuration pour le compteur général de followers de la playlist. Sans engagement, le nombre de followers n’est pas une preuve de réussite, bien au contraire : c’est la preuve que tous ceux qui ont cru dans le projet n’y croient plus, ou sont passés à autre chose, ou n’ont jamais véritablement existé.

Au lieu de viser des quantités vides de sens pour faire un buzz, vous feriez mieux de chercher à patiemment vous constituer une fanbase organique, engagée, sans forcément rechigner à dépenser de l’argent dans de la communication. Mais ne le faites pas au pif, en imaginant que c’est en dépensant des millions que vous deviendrez milliardaires. Dépenser, c’est perdre. Investir, c’est dépenser en connaissance de cause.
Pour apparaître sur les playlists officielles de Spotify, vous pouvez passez par Spotify for Artists. Si vous voulez maîtriser votre promo et votre communication sur les réseaux sociaux, Guil’s Records, référence en marketing musical, propose des formations plébiscitées par tous, et a récemment sorti un livre, que j’ai reçu le jour-même de ma rencontre avec Stewart, quelle ironie :
Communication digitale et réseaux sociaux, plus de 300 pages et seulement 34€.
Plutôt que de payer pour la magie noire de playlists fantomatiques, investissez dans vous-mêmes.

Cet article n’est PAS sponsorisé, je promets, mon engouement est sincère et gratuit. Je fais pas payer mon engouement, incroyable, non ?
Puisqu’on est dans le sujet, les deux playlists de The Queen Is Dead Records :
les artistes du label
les artistes distribués digitalement

Et d’ailleurs, tant qu’on y est, découvrez-y le dernier single de The Burmese Days sorti ce mercredi 13 juillet 2022, et disponible ici : http://www.tqidr.com/cla

L.A.